Le gouvernement sénégalais entend renforcer la prise en charge des jeunes en situation de décrochage scolaire et intensifier les mesures de réponse face à la dégradation de la situation alimentaire. Lors du Conseil des ministres du mercredi 29 juillet 2026, le Premier ministre Al Aminou Lo a donné des orientations visant à améliorer l’employabilité des jeunes et à anticiper les conséquences de la période de soudure.
Un tiers des 15-24 ans en situation de NEET
Le Premier ministre a alerté sur la situation des jeunes âgés de 15 à 24 ans, dont près d’un tiers serait actuellement sans emploi, sans études et sans formation, une situation désignée par l’acronyme NEET (Not in Education, Employment or Training).
Face à cet enjeu, le gouvernement souhaite agir plus tôt sur les parcours scolaires afin d’éviter que les jeunes qui quittent prématurément le système éducatif ne restent durablement éloignés de la formation et du marché du travail.
Al Aminou Lo a ainsi insisté sur la nécessité d’identifier et d’accompagner, dès le cycle élémentaire, les enfants qui ne peuvent poursuivre leur scolarité pour différentes raisons, notamment sociales.
Cette orientation devrait notamment s’appuyer sur le déploiement des projets « Renforcement de l’équité, de l’inclusion sociale et scolaire » et « Daara atelier », intégrés au « Programme intégré de transformation de l’Éducation » dans le cadre de l’Axe 2 de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ».
Le gouvernement prévoit également de procéder au recensement des élèves ayant fréquenté le CM2 durant l’année scolaire 2025-2026 et susceptibles de se retrouver en situation de décrochage à la rentrée 2026-2027. Les autorités entendent mobiliser les différents canaux disponibles, en collaboration avec les communautés, afin d’identifier rapidement ces jeunes et de leur proposer des solutions adaptées.
Les mécanismes de financement existants, notamment à travers les fonds d’appui, devraient également être mobilisés pour accompagner ces actions.
Le dossier sera inscrit à l’ordre du jour du prochain Conseil interministériel consacré à la préparation de la rentrée scolaire. Le Premier ministre a par ailleurs rappelé les instructions relatives à la situation de 98 lycéens qui n’ont pas pu se présenter au baccalauréat 2026 pour des motifs liés à leur état civil.
Le gouvernement veut anticiper la période de soudure
Au-delà de la question de l’emploi et de la formation, le gouvernement a également placé la situation alimentaire au cœur de ses priorités.
Le Premier ministre a souligné les difficultés particulières liées à la période de soudure, qui s’étend généralement de juin à août et constitue une période de forte vulnérabilité pour les ménages et le bétail.
Les derniers résultats de l’analyse du Cadre harmonisé sur la sécurité alimentaire, conduite sous la coordination du Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire, font apparaître une dégradation de la situation alimentaire dans plusieurs zones du pays.
Une importante population serait notamment confrontée à une situation d’insécurité alimentaire sévère dans les départements de Goudiry, Salémata, Bambey, Matam, Podor et Ranérou.
Face à cette situation, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Économie, des Finances et du Plan de mobiliser en urgence l’ensemble des ressources financières nécessaires à la couverture des besoins identifiés dans le cadre du Plan national de Réponses (PNR).
Ce dispositif constitue le principal référentiel d’intervention du Sénégal pour faire face aux crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales.
Plusieurs mécanismes d’intervention mobilisés
Le gouvernement entend également s’appuyer sur les structures et mécanismes existants pour assurer une réponse rapide et coordonnée.
Le Premier ministre a ainsi appelé les différents acteurs concernés à mobiliser de manière proactive leurs dispositifs d’intervention. Parmi eux figurent notamment le Fonds de Solidarité nationale (FSN), le Commissariat à la Sécurité alimentaire et à la Résilience du Sénégal (CSAR), le Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), l’Opération de Sauvegarde du Bétail (OSB) et le Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).
L’objectif est de renforcer la capacité de réponse face aux besoins urgents des populations et de préserver les moyens de subsistance des ménages et du cheptel durant cette période sensible.
Un Conseil interministériel consacré à l’évaluation de la prise en charge de la situation alimentaire est annoncé pour la semaine prochaine. Cette rencontre devrait permettre aux autorités de mesurer les actions déjà engagées et d’identifier les éventuels besoins supplémentaires en matière de financement et d’intervention.
À travers ces orientations, le gouvernement sénégalais met ainsi l’accent sur deux enjeux majeurs de sa politique publique : prévenir l’exclusion durable des jeunes du système éducatif et du marché du travail, tout en renforçant les mécanismes de protection face aux vulnérabilités alimentaires. Deux défis étroitement liés aux objectifs de transformation économique et sociale portés par l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ».







