La République démocratique du Congo (RDC) entre dans la phase opérationnelle du deuxième volet de son Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique, baptisé PC2G-RDC. Officiellement lancée le 5 octobre 2026 à Kinshasa, cette campagne doit permettre d’élargir la couverture géoscientifique du pays de 22,27 % à 46,1 %, selon les projections techniques présentées lors de la cérémonie.
Cette progression ne signifie pas que près de la moitié du territoire contient des gisements identifiés. Elle traduit plutôt l’élargissement de la connaissance scientifique du sous-sol congolais, avec l’objectif de fournir à l’État et aux opérateurs miniers des données plus précises pour orienter l’exploration.
Huit aéronefs mobilisés pour la campagne
Coordonné par le Service géologique national du Congo (SGN-C), sous la tutelle du ministère des Mines, le programme sera exécuté par la société espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL. Son financement est assuré par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN).
Les travaux sont prévus sur une durée de 36 mois et mobiliseront huit aéronefs. Les opérations porteront notamment sur l’acquisition de données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques.
Ces données devront ensuite être traitées et interprétées avant d’être complétées par des travaux géologiques de terrain. L’objectif est de disposer d’une meilleure connaissance des structures du sous-sol congolais avant d’engager des campagnes d’exploration plus ciblées.
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Plusieurs provinces concernées par la cartographie
La campagne doit progressivement couvrir plusieurs zones du territoire national. Les travaux concerneront notamment le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu et le Grand Kasaï, dans la continuité des opérations déjà réalisées dans le Grand Katanga.
L’élargissement de cette couverture doit permettre de réduire les zones où les connaissances géoscientifiques restent limitées et d’améliorer la disponibilité des données nécessaires à l’exploration minière.
Pour le ministère des Mines, le programme constitue également un outil destiné à renforcer la capacité de l’État à disposer de données scientifiques fiables sur son sous-sol.
Près de 359 millions de dollars pour l’ensemble du programme
Le lancement opérationnel du PC2G-RDC intervient plusieurs mois après la signature, le 29 janvier 2026, d’un deuxième contrat entre le ministère des Mines et Xcalibur.
D’une valeur de 297,87 millions de dollars, ce contrat correspond à la phase B d’un programme lancé initialement en 2017. La première phase avait représenté un investissement de 60,96 millions de dollars.
L’ensemble du programme atteint ainsi une enveloppe d’environ 358,8 millions de dollars.
Un enjeu pour l’exploration et l’investissement minier
Au-delà de l’acquisition de données, les autorités congolaises veulent faire de la connaissance géoscientifique un véritable outil de planification minière et de valorisation des ressources naturelles.
Les informations recueillies pourraient notamment permettre de mieux cibler les zones présentant un potentiel d’exploration, de réduire les coûts et les risques associés aux campagnes de terrain et d’améliorer l’encadrement du développement du secteur minier.
Le programme prévoit également un volet consacré au transfert de compétences et à la formation des géologues, chercheurs, techniciens et étudiants congolais.
À terme, l’élargissement de la couverture géoscientifique doit ainsi fournir à la RDC une base de données plus solide pour orienter ses politiques minières et accompagner les investissements dans l’exploration de son sous-sol.







