BYD explore la RDC pour les bus électriques et les batteries
Le constructeur chinois BYD étudie plusieurs pistes d’investissement en République démocratique du Congo (RDC), allant des bus électriques au montage local de véhicules, en passant par les batteries et les solutions de stockage d’énergie.
Une délégation du groupe a présenté ces différentes possibilités à l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) le 10 septembre à Kinshasa. À ce stade, aucun montant d’investissement, calendrier ou site d’implantation n’a toutefois été arrêté.
Pour la RDC, cette démarche intervient alors que le pays cherche à accroître la transformation locale de ses ressources minières stratégiques. Pour BYD, elle pourrait ouvrir l’accès à un marché important tout en rapprochant le constructeur des matières premières nécessaires à certaines chaînes de valeur de la transition énergétique.
BYD présente plusieurs pistes d’investissement
Les discussions entre BYD et l’ANAPI portent sur plusieurs secteurs.
Le constructeur chinois envisage notamment l’introduction de bus électriques, le montage local de véhicules, la fabrication et l’assemblage de batteries, ainsi que des solutions de production et de stockage d’énergie.
Ces différentes activités correspondent à plusieurs domaines dans lesquels le groupe est présent à l’échelle internationale.
L’ANAPI doit désormais poursuivre les échanges techniques avec BYD afin de préciser les différents projets envisagés, leurs besoins en infrastructures et leurs conditions de réalisation.
L’agence a également invité le groupe à formaliser sa démarche afin de pouvoir bénéficier de l’accompagnement des autorités et examiner son éventuelle éligibilité aux incitations prévues par le code des investissements.
Kinshasa pourrait constituer une première porte d’entrée
Le secteur des transports collectifs pourrait être l’un des premiers domaines concernés.
Avec une population de plus de 21 millions d’habitants, Kinshasa dispose d’un marché potentiel important pour les solutions de mobilité électrique. La Banque mondiale souligne par ailleurs les besoins croissants de la capitale congolaise en matière de transport collectif.
Dans ce contexte, les bus électriques pourraient répondre simultanément à des besoins de mobilité urbaine et au renouvellement progressif d’un parc de véhicules vieillissant.
BYD dispose déjà d’une expérience significative dans ce domaine. Le groupe indiquait avoir livré plus de 70 000 autobus électriques dans le monde en 2023.
En Afrique, le constructeur a notamment remporté un contrat portant sur la fourniture de 120 bus électriques à l’opérateur sud-africain Golden Arrow. BYD a également développé sa présence commerciale sur le continent, notamment en Éthiopie, au Bénin et, depuis février 2026, en Égypte.
Le montage local changerait la nature du projet
Au-delà de l’importation de véhicules électriques, la perspective d’un montage local constituerait une étape supplémentaire.
Une telle implantation pourrait permettre de rapprocher une partie de la production du marché congolais et de réduire certains coûts liés à l’importation de véhicules entièrement assemblés. Elle pourrait également faciliter l’adaptation des modèles aux caractéristiques du marché local.
Mais l’enjeu industriel le plus stratégique pourrait se situer du côté des batteries.
La RDC possède d’importantes ressources en cuivre, cobalt, lithium, manganèse et nickel, autant de minerais associés aux chaînes de valeur de la transition énergétique.
La RDC veut remonter la chaîne de valeur minière
Le pays cherche depuis plusieurs années à dépasser un modèle principalement fondé sur l’exportation de minerais bruts ou faiblement transformés.
Le cobalt occupe une place particulière dans cette stratégie. Selon les données citées dans le texte de référence, la RDC fournit à elle seule plus de 70 % du cobalt extrait dans le monde et détient plus de la moitié des réserves mondiales connues de ce minerai.
Cette position donne au pays un intérêt particulier dans le développement des chaînes de valeur liées aux batteries.
L’enjeu consiste toutefois à passer progressivement de l’extraction des matières premières à des activités industrielles générant davantage de valeur ajoutée sur le territoire.
Des minerais aux batteries : une chaîne de valeur à construire
La Banque mondiale considère que la RDC dispose d’un potentiel pour développer la fabrication de précurseurs de batteries, notamment grâce à ses ressources minières et à son potentiel hydroélectrique.
L’ambition congolaise consiste ainsi à structurer progressivement une chaîne de valeur allant de l’extraction minière aux matériaux destinés aux batteries, puis potentiellement aux batteries elles-mêmes et aux véhicules électriques.
Cette perspective rejoint plusieurs activités de BYD.
Le groupe chinois ne se limite en effet pas à la construction automobile. Il développe également des batteries, des équipements solaires et des solutions de stockage d’énergie destinées notamment aux ménages, aux entreprises et aux réseaux électriques.
Une implantation en RDC pourrait donc, à terme, concerner plusieurs branches d’activité du groupe plutôt qu’un seul segment industriel.
Des discussions encore au stade exploratoire
Malgré les perspectives évoquées, aucun projet industriel concret n’a encore été arrêté.
Le montant des investissements, le calendrier de réalisation et les éventuels sites d’implantation restent à déterminer. Les discussions techniques entre BYD et l’ANAPI devront notamment permettre de préciser les besoins en infrastructures et les conditions économiques et réglementaires des différents projets.
Plusieurs facteurs seront déterminants : l’accès à l’énergie, les infrastructures de transport, le financement, l’environnement réglementaire et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
La disponibilité d’une électricité suffisamment abondante et compétitive sera notamment importante pour des activités industrielles telles que l’assemblage de véhicules, la fabrication de batteries ou le stockage d’énergie.
Un potentiel industriel qui reste à concrétiser
L’intérêt manifesté par BYD ouvre ainsi plusieurs pistes pour la RDC, à l’intersection de la mobilité électrique, de l’énergie et de la transformation des minerais stratégiques.
Pour Kinshasa, l’enjeu est de transformer ses avantages miniers et énergétiques potentiels en capacités industrielles locales. Pour BYD, le marché congolais pourrait offrir simultanément des débouchés commerciaux et un environnement favorable au développement de certaines activités liées à la transition énergétique.
Mais entre la présentation de projets à l’ANAPI et leur réalisation effective, plusieurs étapes restent nécessaires. La poursuite des discussions permettra de déterminer si ces pistes exploratoires peuvent déboucher sur des investissements industriels concrets.







