À l’ouverture des Assemblées annuelles 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le président BAD sortant, Akinwumi Adesina, a livré un témoignage à la fois émouvant et engagé sur ses dix années passées à la tête de l’institution. C’est à Abidjan, devant des journalistes réunis pour un petit-déjeuner de presse, qu’il a partagé son expérience, décrivant cette période comme une « mission » et non un simple emploi.
« Ce n’est pas un travail pour ceux qui cherchent un poste. C’est une mission de chaque jour », a-t-il déclaré avec force, en insistant sur le dévouement absolu que requiert une telle fonction. Pendant une décennie, confie-t-il, il n’a connu aucun répit : « Je n’ai pas eu de vie personnelle. J’ai travaillé sans relâche, chaque jour. »
L’émotion était palpable lorsqu’il a affirmé que diriger la BAD avait été le plus grand honneur de sa vie. Durant ces dix années, marquées par une passion constante et un engagement indéfectible, Akinwumi Adesina a impulsé des réformes majeures. Il a notamment rappelé l’augmentation spectaculaire du capital de la Banque, passé de 93 à 318 milliards de dollars, ainsi qu’une reconstitution record du Fonds africain de développement atteignant 8,9 milliards de dollars. Des chiffres impressionnants, mais surtout, une transformation vécue par plus de 565 millions d’Africains.
Ce changement, selon lui, s’est articulé autour d’une vision stratégique forte : les « High 5 », lancés dès 2015. Ces cinq priorités — électrifier l’Afrique, nourrir ses populations, l’industrialiser, l’intégrer et améliorer la qualité de vie — ont, selon ses mots, profondément changé le continent. « Les High 5 ont transformé des chiffres en vies. Ils représentent l’avenir de l’Afrique », a-t-il insisté.
Tout en tirant ce bilan, Adesina a également tenu à saluer le rôle crucial des médias africains. « Vous n’êtes pas de simples observateurs. Vous êtes les amplificateurs de la voix africaine. Vous construisez le récit du continent », a-t-il déclaré, appelant à renforcer les plateformes médiatiques panafricaines.
Alors que la BAD s’apprête à tourner une page avec l’élection imminente de son nouveau dirigeant, Akinwumi Adesina laisse derrière lui une institution renforcée, crédible et tournée vers l’avenir. « Les présidents passent, mais la mission demeure », a-t-il souligné, en s’adressant à son successeur. Et de conclure avec un message empreint de sagesse : « Le prochain président devra s’appuyer sur notre héritage, regarder loin devant, et avoir le courage de défendre les intérêts de l’Afrique. »







