Oragroup, l’un des principaux groupes bancaires en Afrique de l’Ouest et du Centre, a décidé de mettre fin à l’accord de rachat avec Vista Bank après l’échec des approbations réglementaires requises par la Commission bancaire de l’UEMOA. Cet accord, signé en 2023, visait la vente de 61,4 % des parts d’Oragroup à Vista Bank. Cependant, les exigences supplémentaires imposées par les régulateurs ont conduit à la rupture des négociations.
Difficultés financières et dégradation de la note Fitch
Cette décision intervient alors qu’Oragroup fait face à des difficultés financières importantes. En avril 2024, Fitch Ratings a abaissé la note de l’institution à « CCC- », mettant en avant un risque accru de défaut sur les obligations seniors en raison d’une liquidité tendue et du non-respect des exigences de fonds propres.
Un an de négociations infructueuses
Le rachat devait permettre à Vista Bank, dirigée par Simon Tiemtoré, d’étendre sa présence à 16 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, avec un portefeuille d’actifs dépassant les 10 milliards de dollars. Pour mener à bien cette acquisition, Vista avait mis en place un véhicule spécial, ORA SPV HOLDING, et obtenu des financements significatifs de la BOAD et d’Afreximbank. Toutefois, l’accord n’a jamais abouti, en grande partie à cause des garanties de recapitalisation exigées par les régulateurs de l’UEMOA.
Oragroup se tourne vers une recapitalisation
Avec l’échec de cette transaction, Oragroup doit maintenant se concentrer sur une recapitalisation avant la fin de l’année 2024 pour stabiliser ses finances et répondre aux exigences réglementaires. Ibrahima Diouf, nouveau président du conseil d’administration, aura la lourde tâche de piloter cette phase de restructuration. Diouf, qui remplace Vincent Le Guennou, apporte plus de 30 ans d’expérience dans le secteur bancaire, ayant occupé des postes clés au sein d’institutions comme la BOAD, Ecobank et Barclays Bank Africa.
Classé 6e dans l’UEMOA en termes d’actifs à la fin de 2023, Oragroup doit maintenant renforcer ses fonds propres dans un environnement où les régulateurs imposent des règles de plus en plus strictes pour assurer la stabilité financière des institutions bancaires de la région.







