Croissance mondiale : l’OCDE appelle à des réformes structurelles
Face à un ralentissement des perspectives économiques mondiales, l’OCDE plaide pour une relance urgente des réformes structurelles. Dans son nouveau rapport intitulé Les fondements de la croissance et de la compétitivité, l’organisation met en avant la nécessité d’améliorer l’environnement des entreprises, de renforcer les compétences et de stimuler l’emploi.
Présenté à Paris le 9 avril 2026, ce rapport propose un cadre d’analyse basé sur des données couvrant 48 pays.
Des perspectives fragilisées par des défis multiples
Selon l’OCDE, la croissance mondiale est confrontée à une combinaison de risques :
• tensions géopolitiques à court terme,
• faible progression de la productivité,
• ralentissement de l’investissement,
• pénuries de compétences,
• vieillissement démographique.
Ces facteurs pèsent sur la capacité des économies à rester compétitives dans un environnement en mutation rapide.
Trois leviers majeurs de réforme
Le rapport identifie trois grands axes prioritaires pour stimuler la croissance :
1. Les catalyseurs de la croissance
Ils incluent le capital humain, la qualité de la gouvernance, les infrastructures et la stabilité macroéconomique.
2. Les incitations de marché
Ce levier couvre la fiscalité, la réglementation des marchés du travail et des produits, ainsi que les politiques d’investissement et d’ouverture commerciale.
3. Les mesures ciblées
Elles concernent notamment l’innovation, la transition énergétique et la sécurité énergétique, avec des interventions publiques adaptées.
Compétences et emploi au cœur de la transformation
Le renforcement des compétences apparaît comme un enjeu central, notamment dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle.
Selon l’OCDE, l’IA pourrait augmenter la croissance annuelle de la productivité du travail de 0,7 à 1,2 point de pourcentage au cours de la prochaine décennie, à condition que son adoption soit accompagnée par des compétences adaptées.
Les priorités identifiées incluent :
• l’adaptation des systèmes éducatifs,
• le développement de la formation continue,
• un rapprochement entre universités et marché du travail.
Un environnement des affaires à améliorer
L’organisation insiste également sur la nécessité de lever les obstacles qui freinent la dynamique des entreprises :
• simplification des réglementations,
• facilitation de l’entrée de nouvelles entreprises,
• amélioration des régimes d’insolvabilité,
• réduction des distorsions fiscales.
Ces mesures permettraient une meilleure allocation des ressources et une accélération de la productivité.
Une croissance plus inclusive et durable
Au-delà de la performance économique, l’OCDE souligne l’importance d’une croissance inclusive. Cela implique de :
• favoriser l’accès à l’emploi pour les femmes et les seniors,
• améliorer la mobilité du travail,
• développer des services sociaux comme la garde d’enfants,
• adapter les politiques de logement.
Vers une transformation économique durable
Enfin, le rapport met en avant le rôle des politiques publiques dans l’accompagnement des grandes transitions, notamment numériques et énergétiques.
Des investissements ciblés dans la recherche-développement, les énergies renouvelables et l’innovation peuvent renforcer la résilience des économies tout en soutenant leur compétitivité à long terme.
Une priorité : passer de l’analyse à l’action
Pour l’OCDE, l’enjeu principal reste la mise en œuvre effective de réformes cohérentes et adaptées aux spécificités de chaque pays.
L’objectif est clair : relancer durablement la croissance, améliorer les niveaux de vie et permettre aux économies de tirer pleinement parti des transformations technologiques en cours.







