Lors de la 4ᵉ Conférence sur le financement du développement à Séville (30 juin – 3 juillet 2025), le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a appelé à une révision des critères de notation des agences d’évaluation. Ces pratiques, jugées inéquitables, alourdissent les coûts d’accès au crédit pour les pays africains. Cet article explore les propositions de Faye pour un système financier mondial plus juste et inclusif.
Une Dette qui Étouffe les Économies Africaines
Le président Faye a souligné que la dette publique constitue une priorité majeure en raison de son impact écrasant sur les économies africaines. Les méthodes des agences de notation, comme S&P ou Moody’s, renchérissent les conditions de financement et de remboursement, rendant l’accès au crédit prohibitif pour des pays comme le Sénégal. En 2024, la dette sénégalaise a atteint 119 % du PIB, selon Barclays, exacerbant les défis économiques.
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Appel à une Réforme des Notations
Faye a plaidé pour une révision des critères de notation afin de rendre les mécanismes de financement plus équitables :
Mécanismes de restructuration justes : Des processus plus rapides et prévisibles, incluant des clauses de suspension automatique en cas de choc économique.
Transparence accrue : Les critères actuels désavantagent les pays du Sud, accentuant leur vulnérabilité financière.
Soutien à la Déclaration de Séville : Ce document, adopté lors de la conférence, envoie un signal positif pour mobiliser des financements équitables.
Financements Adaptés aux Pays Vulnérables
Le président sénégalais a insisté sur la nécessité de programmes de financement adaptés aux pays les plus vulnérables, notamment les PMA (pays les moins avancés), les petits États insulaires et les pays à revenu intermédiaire comme le Sénégal. Il a proposé :
Accès aux ressources concessionnelles : Augmenter les financements à faible coût, y compris via les Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, avec un système d’allocation plus équitable.
Instruments financiers innovants : Encourager les financements privés tout en régulant pour éviter le greenwashing et garantir un impact réel sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Priorités pour un Nouvel Ordre Mondial
Faye a appelé à un nouvel ordre mondial centré sur l’humain, avec des priorités clés :
Éducation et santé : Investir dans ces secteurs pour renforcer le capital humain.
Protection sociale : Développer des systèmes résilients pour réduire les inégalités.
Transition climatique équitable : Mobiliser des fonds pour une adaptation durable.
Autonomisation des femmes et des jeunes : Favoriser leur inclusion économique pour stimuler la croissance.
L’Engagement de Séville : Une Feuille de Route
Le président a salué l’Engagement de Séville pour l’action, qui propose une feuille de route ambitieuse pour un financement du développement solidaire. Il a exhorté les Nations Unies et les parties prenantes à traduire ces engagements en actions concrètes, soulignant que « la solidarité, l’inclusion et la résilience » doivent guider la mise en œuvre.
Perspectives pour l’Afrique
La réforme des notations financières pourrait alléger la pression sur les économies africaines, en facilitant l’accès à des financements abordables. Pour le Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance aux dettes coûteuses et à mobiliser des ressources pour des secteurs stratégiques comme l’agriculture et l’énergie.
L’appel de Basslisten: Bassirou Diomaye Faye à une révision des critères de notation des agences d’évaluation est un signal fort pour une gouvernance financière mondiale plus équitable. En plaidant pour des mécanismes justes et des financements adaptés, le Sénégal ouvre la voie à un développement durable en Afrique. La mise en œuvre de l’Engagement de Séville sera cruciale pour concrétiser ces ambitions.









































