Le Nigéria pourrait faire face à de graves défis économiques en raison de retards dans l’approvisionnement en pétrole brut pour la raffinerie de Dangote, selon un récent rapport de l’Economist Intelligence Unit (EIU). Ce cabinet britannique, spécialisé dans la recherche et l’analyse, a émis une alerte, indiquant que ces retards pourraient nuire à la reprise économique du pays et exercer une pression supplémentaire sur le naira, la monnaie nationale.
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Bien que le gouvernement fédéral ait officiellement supprimé les subventions sur les carburants en juin 2023, l’EIU note que des subventions officieuses continuent d’être pratiquées. Ces subventions informelles ont des conséquences majeures sur le budget national, augmentant les pertes de change et exacerbant un déficit budgétaire déjà difficile à gérer. Cette situation pourrait pousser la Banque centrale du Nigéria (CBN) à adopter une gestion plus stricte de la monnaie.
Les retards dans la mise en place d’un pipeline fiable pour l’approvisionnement en pétrole brut à un prix abordable pour Dangote refinery oil sont en partie attribués à une production nationale de pétrole insuffisante. Cette production limitée est due au vol de pétrole par siphonage, au sous-investissement dans le secteur, et à l’utilisation du pétrole brut pour rembourser des prêts en cours. En juillet 2024, la production de brut au Nigéria s’élevait à 1,31 million de barils par jour (mb/j), bien en dessous de l’objectif de 1,38 mb/j fixé par l’OPEP+.
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Selon l’EIU, la production locale de carburant pourrait grandement améliorer la situation budgétaire et monétaire du Nigéria. Actuellement, les produits pétroliers représentent 15 à 20 % de la facture d’importation de biens du pays. La raffinerie Dangote, avec une capacité de production prévue de 650 000 barils par jour (b/j), devrait être une solution à ce paradoxe, où le Nigéria, premier producteur de pétrole brut en Afrique, reste dépendant des importations de carburant.
En démarrant sa production avec le diesel et le kérosène en janvier 2024, la raffinerie est attendue pour commencer la production d’essence dès septembre, et atteindre sa pleine capacité d’ici la fin de l’année. Cela devrait non seulement éliminer la nécessité d’importer du carburant, mais aussi protéger les prix locaux des fluctuations des taux de change.
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