Dans un contexte de controverse au Nigéria, la raffinerie du groupe Dangote a fermement nié les allégations de revente de pétrole brut. Le samedi 27 juillet, la société a démenti les affirmations de Reuters selon lesquelles elle revendait du pétrole brut importé des États-Unis et acheté localement en raison de problèmes techniques. Reuters, citant trois sources anonymes, avait rapporté que la raffinerie revendait des cargaisons de brut en raison de difficultés techniques sur son unité de transformation de 650 000 barils par jour. Bloomberg a également relayé cette information, citant « un haut responsable de la raffinerie ».
« La raffinerie Dangote n’est pas autorisée à vendre du pétrole brut acheté au Nigéria, et notre unité de distillation du brut est pleinement opérationnelle », a déclaré le groupe dans un communiqué. La société a exhorté le public à ne pas prêter attention à ces fausses informations, qu’elle attribue à des intérêts opposés au raffinage local des carburants.
« La mafia du pétrole est pire que celle de la drogue »
En activité depuis janvier 2024, la raffinerie de Dangote est au centre d’une polémique impliquant les régulateurs pétroliers, qui ont émis des réserves sur la qualité du carburant produit par cette unité. Aliko Dangote avait déclaré lors d’une visite de parlementaires nigérians sur le site que le diesel produit était de meilleure qualité que celui du marché. Les tests effectués dans le laboratoire de la raffinerie ont révélé une teneur en soufre de 87 ppm, tandis que deux variétés importées affichaient plus de 1 800 ppm.
« Je ne me serais jamais lancé dans ce projet si j’avais su dans quoi nous allions nous engager », a déclaré Aliko Dangote, dénonçant les attaques contre son entreprise depuis son entrée dans l’industrie pétrolière. « La mafia du pétrole est pire que la mafia de la drogue. »
Aliko Dangote est également accusé de faire pression pour interdire les importations de diesel et de jet A1 au Nigéria, afin de garder le monopole sur le marché du carburant. Ces accusations auraient poussé le groupe à abandonner un projet d’investissement dans une usine sidérurgique de 5 millions de tonnes par an.
Rappelons que la raffinerie du groupe Dangote produit actuellement 350 000 barils de carburants par jour, avec une ambition d’augmenter la production à 550 000 barils d’ici la fin de l’année, avant d’atteindre sa pleine capacité au premier trimestre 2025. Le groupe vise à faire du Nigéria un pays autosuffisant en carburant et à exporter vers d’autres marchés africains.






