Nigeria : les réserves de change atteignent un record de 52,5 milliards de dollars grâce aux réformes de la CBN
Les réserves extérieures du Nigeria ont franchi un niveau inédit depuis près de deux décennies. Selon la Banque centrale du Nigeria (CBN), elles ont atteint 52,5 milliards de dollars au 17 juillet 2026, un record en 17 ans, porté par la stabilité retrouvée du naira, le ralentissement de l’inflation et le regain de confiance des investisseurs.
Cette évolution témoigne, selon l’institution monétaire, des premiers effets positifs des réformes engagées ces trois dernières années pour renforcer la stabilité macroéconomique du pays.
Une stabilité retrouvée sur le marché des changes
S’exprimant lors du Forum de la Banque centrale organisé à Gombe, dans le nord du Nigeria, le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, représenté par la directrice par intérim de la communication institutionnelle et des relations avec les investisseurs, Hakama Sidi-Ali, a expliqué que la hausse des réserves extérieures résulte principalement des réformes du marché des changes.
Selon lui, le naira a retrouvé une plus grande stabilité, avec un écart entre le taux de change officiel et celui pratiqué par les bureaux de change désormais inférieur à 2 %.
Cette convergence reflète, selon la banque centrale, une meilleure transparence du marché des devises ainsi qu’une amélioration de la confiance des opérateurs économiques.
Un ralentissement progressif de l’inflation
La CBN met également en avant les progrès réalisés sur le front de l’inflation.
L’inflation globale est passée de 15,93 % en mai 2026 à 15,91 % en juin, tandis que l’inflation sous-jacente et celle des produits alimentaires ont également enregistré un léger recul.
Pour la banque centrale, cette évolution est le résultat d’une politique monétaire plus restrictive, combinée aux réformes du marché des changes et à une gestion plus rigoureuse de la liquidité bancaire.
Des réserves supérieures aux objectifs de la CBN
Avec 52,5 milliards de dollars de réserves de change, le Nigeria dépasse déjà l’objectif fixé par la banque centrale pour l’année 2026.
Selon Olayemi Cardoso, cette progression s’explique par des entrées de capitaux soutenues et par le retour progressif de la confiance des investisseurs dans l’économie nigériane.
Ces réserves constituent un élément stratégique pour soutenir la stabilité du naira, financer les importations et renforcer la capacité du pays à faire face aux chocs extérieurs.
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Des réformes engagées depuis près de trois ans
Le gouverneur de la CBN rappelle que plusieurs réformes ont été mises en œuvre au cours des 34 derniers mois afin de restaurer les équilibres macroéconomiques et de créer un environnement plus favorable à la croissance.
Parmi les principales mesures figurent :
• l’unification du marché des changes ;
• la recapitalisation du secteur bancaire ;
• l’introduction du Bank Verification Number (BVN) pour les Nigérians non-résidents ;
• le déploiement de la plateforme électronique de négociation des devises B-Match ;
• la stratégie Vision 2028 consacrée à la modernisation du système national de paiement.
La banque centrale a également instauré un ratio de réserves obligatoires de 75 % sur les dépôts du secteur public ne relevant pas du Compte unique du Trésor (TSA), afin de mieux maîtriser la liquidité et de contenir les pressions inflationnistes.
Un nouveau taux de référence pour le marché monétaire
La CBN a par ailleurs annoncé la mise en place du Nigerian Overnight Financing Rate (NIBOR) comme nouveau taux de référence pour les opérations de financement à court terme.
Développé en partenariat avec l’Association des opérateurs des marchés financiers du Nigeria, ce mécanisme doit offrir un taux de référence plus transparent, fondé sur les conditions réelles du marché, tout en rapprochant le marché monétaire nigérian des standards internationaux.
L’inclusion financière reste une priorité
Le forum organisé à Gombe était placé sous le thème : « Promouvoir les canaux de paiement alternatifs comme outils d’inclusion financière, de croissance et d’accélération du développement économique ».
À cette occasion, Olayemi Cardoso a réaffirmé la volonté de la Banque centrale de poursuivre le développement des solutions de paiement numériques afin de renforcer l’inclusion financière, soutenir les entreprises et favoriser une croissance économique durable.
Il a également rappelé que ce forum constitue une plateforme d’échanges entre la banque centrale, les citoyens, les entreprises et les acteurs du secteur financier, permettant de présenter les politiques de la CBN et de recueillir les préoccupations des différentes parties prenantes.
Pour les autorités monétaires, la combinaison d’une inflation en ralentissement, d’un naira plus stable et d’un niveau record de réserves extérieures constitue un signal encourageant pour la résilience de l’économie nigériane et la poursuite des réformes engagées.







