Nigéria : le FMI relève ses prévisions de croissance à 4,4 % en 2026
Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions de croissance économique pour le Nigéria en 2026 à 4,4 %, contre 4,2 % anticipés précédemment. Cette révision figure dans la mise à jour de janvier 2026 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), intitulée « Économie mondiale : stable malgré des forces divergentes », publiée lundi.
Selon le FMI, l’économie nigériane devrait maintenir une trajectoire de croissance régulière, après une progression estimée à 4,1 % en 2024 et 4,2 % en 2025, avant une accélération attendue en 2026. Cette nouvelle estimation représente une révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2025.
Une amélioration portée par la dynamique régionale
Le FMI souligne que la révision favorable des perspectives du Nigéria s’inscrit dans une reprise plus large en Afrique subsaharienne, où la croissance est attendue à 4,6 % en 2026 et 2027. Cette dynamique régionale est attribuée à une stabilisation macroéconomique progressive et à la poursuite des réformes dans plusieurs grandes économies du continent.
À l’échelle mondiale, le Fonds prévoit une croissance de 3,3 % en 2026, estimant que l’économie mondiale demeure résiliente malgré un environnement marqué par des incertitudes persistantes. Le rapport évoque un équilibre entre des forces divergentes, les effets négatifs des tensions commerciales étant partiellement compensés par la montée des investissements dans les technologies et l’intelligence artificielle.
Les prix de l’énergie, facteur clé pour le Nigéria
Pour le Nigéria, exportateur majeur d’hydrocarbures, le FMI identifie les prix de l’énergie comme un déterminant central des perspectives économiques à moyen terme. Le Fonds anticipe une baisse d’environ 7 % des prix des matières premières énergétiques en 2026, en raison d’une demande mondiale plus faible.
Toutefois, cette tendance baissière serait atténuée par l’existence d’un « prix plancher souple », soutenu par la gestion coordonnée de la production par l’OPEP+ et par la constitution de stocks stratégiques de pétrole par la Chine, limitant ainsi les pressions à la baisse sur les cours.
Des risques toujours orientés à la baisse
Malgré l’amélioration des prévisions, le FMI avertit que les risques pesant sur les perspectives économiques du Nigéria restent orientés à la baisse. Parmi les principaux facteurs identifiés figurent l’escalade des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine, susceptibles de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, ainsi que la résurgence des tensions commerciales et des politiques protectionnistes.
Le niveau élevé de la dette publique et des déficits budgétaires constitue également un risque majeur, avec un potentiel impact haussier sur les taux d’intérêt à long terme et les conditions de financement.
Poursuivre les réformes pour consolider la croissance
Sur le plan des orientations de politique économique, le FMI exhorte les autorités nigérianes à reconstituer les marges budgétaires et à accélérer les réformes structurelles afin de soutenir durablement la croissance. Le Fonds insiste également sur l’importance de préserver l’indépendance de la banque centrale, jugée essentielle à la stabilité macroéconomique dans un contexte mondial volatil.
Enfin, le FMI met en garde contre tout soutien budgétaire discrétionnaire non ciblé, appelant à des mesures temporaires clairement encadrées. Selon l’institution, la capacité du Nigéria à atteindre son objectif de croissance en 2026 dépendra de la mise en œuvre cohérente des réformes et de sa résilience face aux chocs internes et externes.







