La Banque centrale du Nigéria (CBN) a émis une directive obligeant les banques commerciales à réduire leurs prêts aux initiés dans un délai de six mois. Cette mesure vise à limiter l’exposition des institutions financières aux prêts octroyés à leurs administrateurs, actionnaires et sociétés affiliées, afin de renforcer la stabilité du secteur bancaire nigérian.
Dans une lettre adressée aux banques, la CBN a rappelé que les facilités de crédit accordées aux initiés doivent respecter les limites fixées par la loi sur les banques et autres institutions financières (BOFIA) de 2020. Ces dernières années, certaines banques avaient obtenu des dérogations sans délais de mise en conformité, ce qui a conduit à des risques de gouvernance et d’instabilité financière.
Les prêts internes sont un problème récurrent dans le système bancaire nigérian. L’article 19 du BOFIA 2020 limite désormais ces crédits à un pourcentage précis du portefeuille total de prêts d’une banque. En conséquence, les banques doivent :
- Ramener leurs expositions aux initiés dans les limites réglementaires sous 180 jours
- Soumettre des rapports périodiques à la CBN détaillant les actions mises en place pour respecter la directive
Les grandes banques nigérianes devraient s’adapter facilement, ayant renforcé leur gouvernance ces dernières années. Toutefois, les banques de petite et moyenne taille, où ces pratiques sont plus répandues, pourraient rencontrer des difficultés et être contraintes de réorganiser leurs bilans.
Les administrateurs et actionnaires influents qui bénéficiaient de ces facilités de crédit doivent désormais choisir entre réduire leurs emprunts ou quitter le conseil d’administration. Cette directive pourrait provoquer une vague de remaniements dans les conseils de plusieurs banques.
Les prochains mois verront une accélération des restructurations de prêts, ventes de dettes et ajustements stratégiques pour se conformer aux nouvelles règles. En imposant cette limite stricte sur les prêts aux initiés, la CBN cherche à assainir le système bancaire et à garantir des pratiques de prêt plus équitables et responsables.










































