Nigeria : la CBN réduit son taux directeur de 26,5 % à 23 %
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a décidé de réduire son taux directeur de 350 points de base, le ramenant de 26,5 % à 23 %. La décision a été prise à l’unanimité des 11 membres présents à la 307e réunion du Comité de politique monétaire (MPC), tenue à Abuja. Elle a été annoncée le 22 septembre 2026 par le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso.
Cette baisse intervient alors que la banque centrale estime que l’amélioration des conditions macroéconomiques permet d’assouplir la politique monétaire tout en poursuivant le processus de désinflation.
Un corridor des facilités permanentes recalibré
Outre la baisse du taux directeur, la CBN a modifié le corridor des facilités permanentes autour du taux de référence. Celui-ci est désormais fixé à +50 et -300 points de base.
Le Comité a parallèlement maintenu les coefficients de réserves obligatoires à :
- 45 % pour les banques de dépôts ;
- 16 % pour les banques d’affaires ;
- 75 % pour les dépôts du secteur public non couverts par le Treasury Single Account (TSA).
Selon Olayemi Cardoso, ce recalibrage constitue avant tout un ajustement opérationnel destiné à améliorer la transmission des décisions de politique monétaire. Il s’inscrit également dans la transition du Nigeria vers un régime de ciblage de l’inflation, cadre que la CBN développe depuis plusieurs années.
La CBN mise sur l’amélioration de la conjoncture
Pour justifier cet assouplissement, le Comité de politique monétaire a examiné les évolutions de l’économie mondiale et nigériane ainsi que les risques susceptibles d’affecter les perspectives économiques.
La CBN met notamment en avant le ralentissement de l’inflation, l’amélioration des fondamentaux extérieurs, un niveau jugé confortable des réserves de change et un regain de confiance des investisseurs.
La banque centrale estime également que l’écart qui s’était creusé entre son taux directeur et les taux effectivement pratiqués sur le marché monétaire avait réduit l’efficacité de la transmission de ses décisions.
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Un excédent extérieur de 3,51 milliards de dollars
Les indicateurs extérieurs constituent également l’un des éléments pris en compte par le MPC.
Selon les données présentées par le gouverneur Cardoso, l’excédent de la balance des paiements s’est établi à 3,51 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, contre 2,38 milliards de dollars au premier trimestre.
Cette amélioration renforce, selon la CBN, la capacité de l’économie nigériane à absorber un assouplissement monétaire tout en préservant la stabilité extérieure.
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Le taux NOFR au cœur du nouveau cadre opérationnel
Le Comité a également relevé les progrès réalisés dans la réforme du dispositif opérationnel de la politique monétaire. Parmi les changements figure l’adoption du taux NOFR comme taux de référence fondé sur les transactions effectuées sur le marché monétaire.
Cette évolution doit contribuer à rapprocher les conditions de financement du marché des décisions prises par le MPC et, par conséquent, à renforcer la transmission de la politique monétaire.
La CBN considère ainsi que les réformes engagées ces dernières années ont contribué à réduire les tensions inflationnistes et à améliorer la stabilité macroéconomique.
Une nouvelle phase pour la politique monétaire nigériane
Avec cette réduction à 23 %, la CBN marque une inflexion importante après une période de politique monétaire particulièrement restrictive. L’institution entend désormais améliorer l’efficacité de ses instruments tout en accompagnant la désinflation et la croissance.
Pour Olayemi Cardoso, les réformes engagées placent ainsi l’économie nigériane sur une trajectoire de croissance, tout en maintenant la stabilité des prix comme objectif central de la politique monétaire.







