Le gouvernement nigérien affirme que les ressources issues de l’exploitation pétrolière ont joué un rôle clé dans la résilience économique du pays face aux sanctions communautaires imposées ces derniers mois.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Mamane Laouali Abdou Rafa, a indiqué le mercredi 20 mai 2026 que les revenus pétroliers ont permis à l’État de financer plusieurs mesures de soutien destinées à atténuer les effets des sanctions sur les populations.
Les recettes pétrolières mobilisées pour soutenir les populations
Selon le ministre, les autorités ont utilisé une partie des ressources tirées du pétrole pour acheter et distribuer des milliers de tonnes de riz afin de stabiliser les prix des denrées de première nécessité.
Ces financements ont également permis de soutenir les dépenses publiques prioritaires et de maintenir le fonctionnement de l’économie nationale durant la période marquée par la fermeture des frontières et la suspension des opérations financières régionales.
Le gouvernement nigérien considère ainsi le secteur pétrolier comme un levier stratégique pour renforcer la stabilité économique et sociale du pays.
Une stratégie axée sur le contenu local
Abordant les retombées économiques de la croissance pétrolière, le ministre de l’Économie et des Finances a souligné que les autorités travaillent à renforcer l’impact du secteur sur les populations grâce à la loi sur le contenu local.
Cette réforme vise à obliger les grandes entreprises opérant au Niger, notamment dans l’industrie pétrolière, à collaborer davantage avec les entreprises nationales.
L’objectif est de favoriser :
- la création d’emplois locaux ;
- la redistribution des revenus ;
- le développement du tissu économique nigérien ;
- le renforcement des capacités des entreprises nationales.
Les revenus pétroliers servent aussi au paiement de la dette
Le ministre a également réagi aux préoccupations liées au remboursement de la dette publique.
Selon lui, les recettes pétrolières ont servi aussi bien au règlement de certaines dettes extérieures qu’au financement des engagements internes de l’État.
Il a précisé que la dette intérieure concerne principalement les créances dues aux fournisseurs ayant exécuté des marchés publics, tandis que la dette extérieure permet de financer les besoins de développement et les dépenses régaliennes.
Ces financements concernent notamment :
- la sécurité ;
- l’éducation ;
- la santé ;
- l’hydraulique ;
- les infrastructures routières.
Une économie encore peu fiscalisée
Le ministre des Finances a rappelé que les ressources internes du Niger restent limitées en raison de la structure de l’économie nationale, largement dominée par une agriculture de subsistance et un secteur informel peu fiscalisé.
Dans ce contexte, le recours à l’endettement demeure nécessaire pour couvrir les besoins de financement de l’État.
Toutefois, les autorités souhaitent désormais orienter davantage les emprunts vers des secteurs productifs capables de générer de nouvelles ressources et de soutenir durablement la croissance économique.
Le Niger veut renforcer sa capacité de remboursement
Mamane Laouali Abdou Rafa a enfin insisté sur l’importance du respect des engagements financiers du pays.
Selon lui, les ressources empruntées doivent être investies dans des projets capables de renforcer les capacités économiques nationales et de garantir, à terme, leur remboursement.
À travers cette stratégie, le Niger cherche à consolider sa résilience économique tout en valorisant davantage les revenus tirés de l’exploitation pétrolière.







