Dans un récent rapport évaluant les implications macroéconomiques de la sortie du Niger de la CEDEAO, le Fonds Monétaire International (FMI) estime que cette décision pourrait ralentir de 0,8 point de pourcentage la croissance du pays en 2025. Les analystes du FMI identifient trois niveaux d’impact économique : le commerce transfrontalier, la mobilité de la main-d’œuvre et l’instauration d’un climat d’incertitude.
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Impact Mitigé sur le Commerce Extérieur
Concernant le commerce transfrontalier, un retrait de la CEDEAO signifierait que Niamey ne bénéficierait plus du Tarif Extérieur Commun (TEC), qui harmonise les taux de prélèvements douaniers sur les marchandises des États non-membres. Le Niger verrait ses échanges commerciaux avec le Nigéria, son principal partenaire, entravés. En 2023, 70% de l’électricité du Niger provenait du Nigéria, rendant le pays vulnérable à d’éventuelles perturbations.
Contraintes sur la Diaspora
La deuxième conséquence concerne les travailleurs nigériens dans les pays voisins. Selon le FMI, 80% de la diaspora nigérienne réside au Nigéria, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo. En 2020, les envois de fonds des migrants vers le Niger ont atteint 514 millions de dollars (soit 3,8% du PIB), dont 161 millions provenant du Nigéria. Des restrictions à la mobilité des personnes pourraient donc affecter la main-d’œuvre et les transferts de fonds.
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Incertitudes
Le troisième impact est celui du sentiment d’incertitude créé chez les investisseurs. Le FMI prévoit une augmentation des primes de risque, rendant les conditions de financement plus difficiles et réduisant les flux d’IDE. En septembre 2023, l’Alliance des États sahéliens (AES) a été créée pour renforcer la coopération économique et militaire entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces pays ont décidé de former une Confédération et de sortir de la CEDEAO pour protester contre les sanctions et l’ingérence étrangère.
Le 7 juillet, malgré la levée de certaines sanctions par la CEDEAO, les trois États ont annoncé la création de la Confédération de l’AES lors d’un sommet à Niamey. « Nos peuples ont irrévocablement tourné le dos à la CEDEAO« , a déclaré Abdourahamane Tiani dans son discours d’ouverture, soulignant la volonté de bâtir une communauté libérée du contrôle des puissances étrangères.







