Niger : les semis couvrent 94 % des villages suivis fin juillet 2026
La campagne agricole 2026 au Niger progresse, mais accuse un léger retard par rapport à l’année précédente. Selon le bulletin décadaire de juillet 2026 du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le taux national de couverture des semis s’établit à 94 %, soit 13 182 villages sur 14 013 suivis.
Ce niveau reste toutefois inférieur à celui enregistré à la même période en 2025, lorsque la couverture des semis atteignait 99 %. Le principal retard est enregistré dans la région de Diffa, où seulement 57 % des villages suivis sont couverts.
Une pluviométrie plus régulière, mais des pauses persistantes
La troisième décade de juillet a été caractérisée par une amélioration de la régularité des pluies sur l’ensemble du territoire nigérien. Cette évolution favorise la poursuite des activités agricoles dans plusieurs zones du pays.
Cependant, certaines localités continuent de subir des pauses pluviométriques de 14 à 28 jours. Les régions de Diffa, Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder sont notamment concernées.
Ces interruptions prolongées ont déjà provoqué des avortements de semis de mil dans certaines zones, accentuant les disparités entre les régions et entre les différentes zones agroécologiques.
Les cultures progressent malgré les difficultés
Sur le plan phénologique, les cultures se situent principalement entre les phases de levée et de levée avancée. Un début d’épiaison du mil est également observé dans plusieurs départements.
La situation phytosanitaire demeure, pour sa part, globalement maîtrisée, même si des infestations localisées sont signalées.
Cette évolution reste déterminante pour les perspectives de production céréalière, dans un pays où le calendrier des pluies et leur répartition géographique conditionnent fortement les rendements agricoles.
Des prix céréaliers encore inférieurs à ceux de 2025
Sur les marchés, les prix des céréales affichent une légère tendance à la hausse par rapport à la décade précédente. Ils restent néanmoins nettement inférieurs aux niveaux observés à la même période en 2025.
Cette situation constitue un élément relativement favorable pour l’approvisionnement des ménages, alors que le déroulement de la campagne agricole reste surveillé en raison des disparités pluviométriques.
La situation pastorale s’améliore progressivement
Le bulletin fait également état d’une amélioration progressive de la situation pastorale. Des poches de sécheresse persistent toutefois dans le nord de Tahoua et dans certaines zones de Maradi.
Les conditions d’alimentation du bétail restent notamment difficiles, voire préoccupantes, dans la zone pastorale de Bermo, où les ressources disponibles demeurent insuffisantes.
Une saison des pluies attendue globalement normale à excédentaire
Les perspectives météorologiques restent néanmoins relativement favorables. En mai 2026, la Direction nationale de la météorologie avait prévu, pour la période juillet-août-septembre 2026, une saison des pluies normale à tendance excédentaire sur la bande agropastorale du Niger.
Les cumuls attendus devraient globalement être proches ou supérieurs aux moyennes enregistrées sur la période de référence 1991-2020.
Pour l’agriculture nigérienne, l’enjeu sera désormais de transformer cette amélioration pluviométrique en conditions suffisamment régulières pour permettre aux cultures de poursuivre leur développement jusqu’à la récolte. L’évolution des pauses pluviométriques dans les zones déjà déficitaires, notamment à Diffa, restera donc un facteur déterminant pour la suite de la campagne 2026.







