Le Mozambique franchit une nouvelle étape dans la création de sa Banque de développement du Mozambique (BDM). Le gouvernement a approuvé, le mercredi 26 août 2026, le règlement encadrant le fonctionnement de la nouvelle institution, ouvrant ainsi la voie au démarrage effectif de ses activités.
Créée par la loi n°17/2026 du 15 juin 2026, la BDM doit répondre à l’un des principaux défis du système financier mozambicain : faciliter l’accès à des financements de long terme pour les projets nécessitant des investissements importants.
L’institution doit notamment soutenir les projets structurants et contribuer au développement du secteur privé en mobilisant des ressources auprès de partenaires financiers nationaux et internationaux.
Une banque destinée à financer les projets de long terme
La BDM aura pour principale mission de mobiliser des ressources à long terme afin de financer des investissements stratégiques pour l’économie mozambicaine.
Ses interventions cibleront notamment les infrastructures, l’agro-transformation, l’industrialisation, le tourisme et les énergies renouvelables.
La banque devra également faciliter la participation des banques de développement et des institutions multilatérales au financement de projets mozambicains.
Son rôle sera donc particulièrement important pour les investissements dont les besoins en capitaux sont élevés et dont la rentabilité nécessite des maturités de financement plus longues que celles généralement proposées par les banques commerciales.
La BDM ne veut pas concurrencer les banques commerciales
Le gouvernement présente la nouvelle institution comme un complément au système bancaire existant.
Selon Salim Valá, ministre de la Planification et du Développement et porte-parole du gouvernement, la BDM n’a pas vocation à concurrencer les banques commerciales, mais plutôt à combler certaines insuffisances du marché du financement.
Son modèle reposera sur une combinaison entre mission publique et discipline financière. La banque devra ainsi poursuivre des objectifs de développement tout en appliquant des principes de gestion et de rigueur propres aux établissements commerciaux.
Cette approche doit permettre à l’institution de jouer un rôle de catalyseur en attirant des financements supplémentaires vers les secteurs considérés comme prioritaires pour l’économie.
Un capital initial de 32 milliards de meticais
Pour démarrer ses activités, la Banque de développement du Mozambique disposera d’un capital social initial de 32 milliards de meticais, soit environ 501 millions de dollars.
Ce capital sera initialement entièrement souscrit par l’État mozambicain.
Le dispositif prévoit toutefois une ouverture progressive du capital. Les banques multilatérales et les institutions de développement pourront à terme acquérir jusqu’à 49 % du capital de la BDM.
Cette possibilité doit permettre à la banque de renforcer ses fonds propres, d’élargir sa capacité de mobilisation de ressources et de nouer des partenariats avec des institutions financières internationales.
Un projet inscrit dans les priorités du gouvernement
La création de la BDM concrétise l’un des engagements pris par le président Daniel Chapo lors de son investiture en janvier 2025.
Le Parlement mozambicain avait adopté le texte portant création de l’institution en mai 2026, avant sa promulgation par le chef de l’État le 15 juin.
L’adoption du règlement de fonctionnement constitue désormais une étape supplémentaire vers la mise en activité de la banque.
Le défi de la mobilisation effective des financements
La création de la BDM ne constitue toutefois que la première étape. Le véritable enjeu sera désormais de transformer son cadre institutionnel et son capital initial en financements concrets pour les entreprises et les projets structurants.
La capacité de l’institution à attirer des ressources concessionnelles, à nouer des partenariats avec les bailleurs internationaux et à sélectionner des projets économiquement viables sera déterminante.
Le Mozambique dispose notamment d’importants besoins d’investissement dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et l’industrie. Une banque de développement capable de proposer des financements adaptés aux maturités longues pourrait donc jouer un rôle important dans la transformation productive du pays.
Une nouvelle pièce dans le système financier mozambicain
Avec l’adoption de son règlement de fonctionnement, la Banque de développement du Mozambique se rapproche ainsi de son entrée en activité. Dotée d’un capital initial de 32 milliards de meticais et appelée à ouvrir jusqu’à 49 % de son capital à des institutions de développement, elle dispose d’un cadre conçu pour mobiliser davantage de financements de long terme.
La prochaine étape sera désormais de démontrer sa capacité à transformer ces ressources en investissements productifs, en infrastructures et en financements accessibles au secteur privé, conformément à sa mission de développement.








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