Au premier trimestre 2025, le secteur de la microfinance au Sénégal continue d’enregistrer une croissance soutenue. Selon une note officielle de la Direction de la réglementation et de la surveillance des SFD, l’augmentation du nombre de clients et des dépôts témoigne d’un fort engagement en faveur de l’inclusion financière. Toutefois, cette dynamique est assombrie par une détérioration inquiétante de la qualité du portefeuille de crédits, avec un taux de créances en souffrance atteignant 8,4 %, bien au-delà de la norme réglementaire fixée à 3 %.
Le nombre de comptes de microfinance ouverts atteint 4,57 millions au 1er trimestre 2025, en hausse de 1,6 % par rapport au trimestre précédent. Le taux d’inclusion financière s’établit à 20,3 %, confirmant le rôle structurant des institutions de microfinance (IMF) dans le tissu économique.
Cette progression est portée par les personnes morales (+6,4 %), alors que les personnes physiques affichent une hausse plus modérée (+1,1 %), illustrant une croissance de la demande des petites entreprises.
L’encours des dépôts s’élève à 590,4 milliards FCFA, soit une augmentation de 1,9 % sur le trimestre. Cela représente 3,6 % du PIB national et 6,6 % des dépôts bancaires, marquant une contribution importante du secteur à la mobilisation de l’épargne.
La répartition par genre est équilibrée :
Hommes : 50 % (295,2 milliards FCFA)
Femmes : 27 % (158,9 milliards FCFA)
Personnes morales : 23 % (136,2 milliards FCFA, en hausse de 7,7 %)
L’encours de crédit atteint 792,7 milliards FCFA, en hausse de 2,4 % par rapport au trimestre précédent et de 4,5 % sur un an. Cela représente 10,4 % du crédit total à l’économie et 4,8 % du PIB.
La répartition des prêts est équilibrée :
Court terme : 37 %
Moyen terme : 36 %
Long terme : 27 %
Le taux de crédits en souffrance a grimpé à 8,4 %, soit une hausse de 1,2 point par rapport au trimestre précédent. Toutes les catégories sont concernées :
Hommes : 8,03 % (contre 7,05 %)
Femmes : 6,66 % (contre 6,20 %)
Personnes morales : 10,94 % (contre 8,55 %)
L’encours total des créances douteuses atteint 66,5 milliards FCFA, en hausse de 19,1 % sur le trimestre et de 44 % sur un an.
Ratios prudentiels : entre points forts et faiblesses à corriger
Points positifs :
Liquidité : 82 % (norme : 80 %)
Capitalisation : 17 % (norme : 15 %)
Points d’attention :
Prêts aux dirigeants : 11 % (norme : 10 % max)
Autosuffisance opérationnelle : 110 % (norme : 130 % min)
Coefficient d’exploitation : 80 % (norme : 60 % max)
Marge bénéficiaire : 10 % (norme : 20 % min)
Recommandations pour un assainissement du secteur
Malgré son rôle majeur dans l’inclusion financière au Sénégal, le secteur de la microfinance fait face à des défis structurels urgents :
Renforcer la gestion des risques de crédit
Réduire les coûts d’exploitation
Améliorer le recouvrement des créances
Restaurer la rentabilité et la confiance des déposants










































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