Maroc Telecom : Moov Africa accélère la croissance du groupe à fin septembre 2026
Maroc Telecom confirme le poids stratégique de ses filiales africaines dans sa croissance. À fin septembre 2026, le chiffre d’affaires international du groupe progresse de 6,9 %, à 15,18 milliards de dirhams, porté par la Data mobile, l’internet fixe et le Mobile Money. Avec 55,1 millions de clients mobiles et une génération de trésorerie en forte hausse, Moov Africa s’impose comme un moteur majeur du développement de l’opérateur sur le continent.
La croissance de Maroc Telecom repose de plus en plus sur ses activités africaines. Au terme des neuf premiers mois de 2026, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 28,68 milliards de dirhams, en hausse de 5,1 % sur un an. Si le marché marocain continue de contribuer à cette progression, les filiales réunies sous la marque Moov Africa affichent une dynamique plus soutenue.
Le chiffre d’affaires international atteint 15,18 milliards de dirhams, en progression de 6,9 %, contre une croissance de 2,7 % au Maroc. Les activités africaines représentent ainsi un peu plus de 52 % des revenus consolidés du groupe.
Cette performance confirme l’importance stratégique du continent dans le modèle économique de Maroc Telecom, qui s’appuie sur l’expansion de ses bases de clients et sur la progression des usages numériques pour soutenir ses revenus et sa rentabilité.
Moov Africa : 6,9 % de croissance et une rentabilité opérationnelle solide
Les filiales africaines de Maroc Telecom affichent une progression de leurs principaux indicateurs financiers au 30 septembre 2026.
Leur excédent brut d’exploitation (EBITDA) atteint 6,41 milliards de dirhams, en hausse de 6,6 % sur un an. La marge d’EBITDA s’établit à 42,2 %, à un niveau quasiment stable par rapport à la même période de 2025.
Le résultat opérationnel avant amortissements des actifs incorporels liés aux regroupements d’entreprises et autres éléments spécifiques (EBITA) progresse, pour sa part, de 2,7 %, à 3,13 milliards de dirhams.
Ces évolutions montrent que les filiales parviennent à accompagner la croissance de leur activité tout en préservant leurs équilibres opérationnels. Elles doivent néanmoins poursuivre leurs investissements pour répondre à l’augmentation de la demande en connectivité et en services numériques sur leurs marchés.
Autre indicateur notable, les flux nets de trésorerie opérationnels des activités internationales bondissent de 52,9 %, à 2,86 milliards de dirhams. Cette hausse renforce la capacité des filiales à contribuer au financement des investissements et au développement du groupe.
Data mobile, internet fixe et Mobile Money : les relais de croissance
La progression de Moov Africa repose notamment sur trois segments dont les revenus augmentent plus rapidement que le chiffre d’affaires international global.
- Data mobile : +10,4 %, portée par la progression des usages numériques et de la consommation de données.
- Internet fixe : +16,8 %, soutenu par l’élargissement des besoins en haut débit.
- Mobile Money : +18,8 %, qui bénéficie du développement des services financiers mobiles.
Ces performances traduisent une diversification progressive des sources de revenus. Au-delà de la téléphonie mobile traditionnelle, les filiales développent des activités liées à l’accès à internet et aux transactions financières dématérialisées.
Pour Maroc Telecom, cette évolution représente un levier de croissance important. Elle permet de mieux valoriser les bases de clients existantes tout en répondant à des besoins croissants des particuliers et des entreprises.
Le développement de ces services suppose toutefois des investissements continus dans les réseaux, les capacités de transmission et les infrastructures nécessaires à la qualité de service.
Moov Africa dépasse les 55 millions de clients mobiles
La croissance financière s’accompagne d’une progression du nombre d’abonnés. À fin septembre 2026, les filiales Moov Africa comptent 55,1 millions de clients mobiles, contre 52,8 millions un an auparavant, soit une hausse de 4,3 %.
Le parc fixe atteint 321 000 lignes, tandis que le nombre d’accès au haut débit fixe s’établit à 392 000, contre 295 000 à la même période de 2025. Cette dernière évolution représente une progression d’environ 33 %.
À l’échelle du groupe, le parc total approche les 78 millions de clients, en augmentation de 2,4 % sur un an. Les filiales internationales enregistrent une progression de 4,5 % de leur parc, selon les données communiquées.
L’élargissement de cette clientèle constitue un atout commercial, mais le défi consiste également à accroître les revenus générés par abonné, à fidéliser les utilisateurs et à développer des services à plus forte valeur ajoutée.
Burkina Faso, Togo, Niger : des marchés en forte progression
Les performances commerciales des filiales restent contrastées selon les pays, avec des progressions particulièrement marquées sur certains marchés.
Au Burkina Faso, le parc mobile augmente de 20,9 %, à 8,63 millions de clients. Le Togo enregistre une hausse de 19,6 %, à 4,52 millions d’abonnés, tandis que le Niger progresse de 11,1 %, à 4,83 millions.
La Mauritanie affiche également une dynamique favorable, avec une croissance de 10,8 % du parc mobile, à 2,89 millions de clients.
D’autres marchés connaissent des évolutions plus modérées. Le parc mobile progresse de 3,5 % en Côte d’Ivoire et de 6,2 % au Tchad.
À l’inverse, les données communiquées font état d’un recul de 15,7 % au Mali et de 12 % au Bénin. Ces évolutions négatives contrastent avec la dynamique observée dans plusieurs autres pays et soulignent l’hétérogénéité des marchés où le groupe est présent.
Cette diversité impose une gestion adaptée à chaque environnement, notamment en matière de politique commerciale, de couverture réseau, de concurrence et de développement des services numériques.
Le haut débit fixe gagne du terrain en Afrique
L’internet fixe représente un autre axe de développement pour les filiales de Maroc Telecom. Leur parc haut débit fixe est passé de 295 000 accès à 392 000 en un an, soit une augmentation proche de 33 %.
La Côte d’Ivoire se distingue par une progression de 91,1 %, avec 93 000 accès. Au Burkina Faso, le parc atteint 76 000 accès, en hausse de 27,2 %. En Mauritanie, il s’établit à 62 000 accès, soit une progression de 24,7 %.
Ces évolutions illustrent l’extension des usages numériques au-delà de la téléphonie mobile. Le développement du haut débit fixe répond aux besoins des ménages, mais également à ceux des entreprises et des administrations.
Pour accompagner cette demande, Maroc Telecom doit poursuivre l’extension des infrastructures et l’amélioration des capacités de ses réseaux. La rentabilité de ces investissements dépendra notamment du rythme d’adoption des services, de leur tarification et de l’évolution de la concurrence.
Au Maroc, le chiffre d’affaires progresse de 2,7 %
Sur son marché domestique, Maroc Telecom a réalisé un chiffre d’affaires de 14,33 milliards de dirhams à fin septembre 2026, en hausse de 2,7 % sur un an.
L’EBITDA atteint 7,97 milliards de dirhams, soit une progression de 3,6 %. La marge correspondante s’établit à 55,6 %, en amélioration de 0,5 point.
Ces résultats témoignent d’une rentabilité opérationnelle élevée sur le marché marocain. La progression des revenus s’inscrit notamment dans le développement des usages de données et des services numériques.
La comparaison avec les activités internationales met en évidence la complémentarité des deux périmètres : le Maroc conserve une marge d’EBITDA supérieure, tandis que les filiales africaines enregistrent une croissance plus rapide de leurs revenus.
Cette répartition contribue à équilibrer le modèle économique du groupe entre rentabilité domestique et expansion sur les marchés africains.
Maroc Telecom : 14,38 milliards de dirhams d’EBITDA consolidé
À l’échelle consolidée, l’EBITDA de Maroc Telecom atteint 14,38 milliards de dirhams au terme des neuf premiers mois de 2026, en progression de 4,9 %. La marge d’EBITDA reste élevée, à 50,1 %.
Le résultat net part du groupe s’établit à 3,86 milliards de dirhams, contre 5,52 milliards un an auparavant. Cette baisse s’explique notamment par un effet de base lié aux produits exceptionnels enregistrés en 2025 dans le cadre de l’accord conclu avec Wana Corporate.
Hors cet élément non récurrent, le résultat net part du groupe progresse de 4,3 %, tandis que l’EBITA augmente de 6,1 %.
Les investissements, hors fréquences et licences, représentent 20,1 % du chiffre d’affaires consolidé à fin septembre. Ils visent notamment à soutenir le développement des infrastructures de très haut débit fixe et mobile ainsi que les activités numériques des filiales.
Les flux nets de trésorerie opérationnels du groupe progressent de 9,1 %, à 7,14 milliards de dirhams. Dans le même temps, la dette nette atteint 21,02 milliards de dirhams, correspondant à un ratio de dette nette sur EBITDA annualisé de 1,0 fois.
Ces indicateurs donnent au groupe une capacité de financement pour poursuivre son développement, tout en soulignant l’importance du maintien d’une discipline financière dans un secteur fortement capitalistique.
L’Afrique, un moteur stratégique pour la croissance future
Les résultats des neuf premiers mois de 2026 confirment le rôle central des filiales africaines dans la trajectoire de Maroc Telecom. Leur contribution dépasse désormais la moitié du chiffre d’affaires consolidé, tandis que les services de Data mobile, d’internet fixe et de Mobile Money enregistrent des progressions soutenues.
La croissance du parc de clients, l’expansion du haut débit et l’augmentation des flux de trésorerie opérationnels constituent des leviers importants pour le groupe.
Les disparités entre pays, les besoins d’investissement et l’évolution de la concurrence resteront toutefois des facteurs déterminants pour la poursuite de cette dynamique.
Pour Maroc Telecom, l’enjeu sera de convertir la progression des usages numériques en revenus durables, tout en maintenant la qualité des réseaux, la rentabilité opérationnelle et une capacité d’investissement suffisante. La performance de Moov Africa apparaît ainsi comme un élément majeur des perspectives de développement du groupe sur le continent.







