L’or atteint un record de 3 500 $ l’once mardi, marquant un sommet historique dans un contexte de défiance croissante à l’égard de la Réserve fédérale américaine. Les tensions autour de l’indépendance de la Fed, notamment à la suite des pressions politiques exercées par Donald Trump pour une baisse immédiate des taux, ont provoqué un repli généralisé sur les marchés financiers. Actions, obligations et dollar américain ont été délaissés au profit des valeurs refuges, renforçant l’attrait du métal jaune.
Ce bond spectaculaire, avec une progression de 2,2 % en séance, reflète une hausse marquée de la demande en actifs refuges, notamment dans un climat de volatilité accrue. Après avoir brièvement franchi les 3 500 dollars l’once, le prix de l’or s’est légèrement replié, les investisseurs ayant pris leurs bénéfices. Cette dynamique a été accompagnée d’un renforcement du yen japonais et du franc suisse, deux autres valeurs refuges prisées en temps d’incertitude.
La devise américaine a souffert de cette perte de confiance, tombant à son niveau le plus bas depuis 2023, accentuant encore l’élan haussier sur l’or. Selon Lee Liang Le, analyste chez Kallanish Index Services, « la rapide ascension du prix de l’or cette année me montre que les marchés ont moins confiance que jamais dans les États-Unis. Le discours sur le Trump Trade s’est transformé en vente de l’Amérique. »
Depuis le début de l’année 2025, l’or a déjà gagné plus de 30 %, porté par les tensions géopolitiques, les guerres commerciales et la crainte d’une désorganisation institutionnelle. Les investisseurs privilégient désormais l’or comme bouclier face à l’érosion potentielle de leurs actifs en dollars. Les ETF adossés à des lingots enregistrent des afflux massifs, renforcés par les achats soutenus des banques centrales.
Cette ruée vers l’or traduit une stratégie globale de diversification hors dollar. Kamakshya Trivedi, stratège chez Goldman Sachs, souligne que « les portefeuilles se réorientent de plus en plus vers une gamme élargie de valeurs refuges ». Dans cette logique, Goldman Sachs anticipe un prix de 4 000 dollars l’once d’ici mi-2026. De leur côté, les analystes de Jefferies qualifient l’or de « seul véritable actif refuge restant » face à la défiance croissante envers les bons du Trésor américains et autres placements classiques.
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Toutefois, certains indicateurs techniques tempèrent cette euphorie. Le RSI sur 14 jours de l’or dépasse les 78, signalant une zone de surachat et laissant entrevoir une possible correction à court terme.
À 10h37 heure nigériane, l’or pour livraison immédiate s’échangeait à 3 454,88 $ l’once, en hausse de 0,9 %, légèrement en retrait par rapport à son pic. Pendant ce temps, l’indice Bloomberg du dollar est resté stable. L’argent a reculé tandis que le palladium et le platine progressaient, illustrant les ajustements de portefeuilles face à la reconfiguration des risques économiques mondiaux.
Cette nouvelle flambée confirme l’or dans son rôle de valeur refuge de référence, renforcé par l’instabilité persistante des grandes puissances économiques. En pleine incertitude monétaire et politique, le métal précieux s’impose une fois de plus comme un rempart face aux turbulences.










































