La découverte récente de nickel au Ghana, précisément dans la région d’Oti, représente un tournant majeur pour le pays. Réalisée dans le cadre de l’exploration du minerai de fer dans la chaîne de Gyamurume, cette avancée positionne le Ghana sur la carte stratégique des pays riches en minéraux critiques destinés aux batteries, comme le lithium et le nickel.
Les travaux ont été menés par la Ghana Integrated Iron and Steel Development Corporation (GIISDEC) en collaboration avec la Ghana Geological Survey Authority (GGSA). Selon les premières analyses, les échantillons de forage révèlent des concentrations en nickel supérieures à 1 %, seuil considéré comme commercialement exploitable.
Pour William Okofo Darteh, PDG de la GIISDEC, il est primordial d’avoir une compréhension globale du sous-sol avant toute initiative industrielle. « Nous ne voulons pas vendre uniquement du minerai de fer pour découvrir plus tard une richesse en nickel. Il nous faut une vue d’ensemble », a-t-il insisté lors d’une visite technique du site.
Une étude approfondie de la composition minérale a été confiée à des experts indépendants. Elle permettra de déterminer avec précision la répartition du fer et du nickel, la teneur exacte et le volume exploitable. Les résultats sont attendus pour septembre 2025.
David Yaw Kuma, géoscientifique senior à la GGSA, confirme que les huit forages effectués jusqu’ici présentent une teneur en nickel économiquement intéressante. Des scanners portables ont été utilisés pour une première estimation, mais les résultats finaux, issus de laboratoires certifiés, viendront confirmer le potentiel commercial.
Cette découverte est d’autant plus significative que le nickel joue un rôle essentiel dans la fabrication de batteries lithium-ion, devenues incontournables dans le contexte de transition énergétique mondiale. Avec la montée en puissance de la mobilité électrique et des énergies renouvelables, la demande pour ce métal connaît une hausse exponentielle.
Le Ghana, qui développe parallèlement le projet de lithium Ewoyaa dans la région centrale, ambitionne de s’imposer comme un acteur clé dans l’approvisionnement mondial en métaux pour batteries. Ces initiatives le placent dans la même dynamique que des géants comme l’Indonésie, les Philippines et l’Australie.
Cependant, les autorités restent prudentes. « Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Nous devons nous appuyer sur des données fiables et non sur des spéculations », rappelle M. Kuma. Une rigueur scientifique qui s’inscrit dans la vision à long terme du GIISDEC : développer un secteur minier solide, transparent et attractif pour les investisseurs.
Si les analyses confirment la viabilité de l’exploitation, la région d’Oti pourrait devenir un nouveau pôle minier stratégique en Afrique de l’Ouest. Le Ghana entend ainsi attirer des investissements à chaque étape de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation locale, avec une politique d’ouverture et de transparence saluée par les partenaires étrangers.



























