OCDE : les entreprises tardent à respecter leurs engagements ESG
Plus des deux tiers des plus grandes entreprises cotées dans le monde ont adopté des engagements en matière de conduite responsable des entreprises (CRE), mais leur mise en œuvre reste encore insuffisante. C’est la principale conclusion du nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui appelle à un renforcement de l’action publique pour combler l’écart entre promesses et résultats.
Des engagements généralisés mais partiellement appliqués
Selon l’édition 2026 des Perspectives de l’OCDE sur la conduite responsable des entreprises, basée sur l’analyse des informations publiées par les 10 000 plus grandes entreprises cotées et sur 52 pays, 69 % des entreprises disposent de politiques et de systèmes liés à la CRE.
Cependant, le rapport souligne que beaucoup d’entre elles peinent encore à identifier et à réduire les impacts sociaux et environnementaux négatifs de leurs activités. Les engagements les plus fréquents concernent la lutte contre la corruption et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, suivis des droits humains, du travail forcé et du travail des enfants.
En revanche, moins de la moitié des entreprises évoquent la liberté d’association, et seulement un quart abordent la biodiversité dans leurs engagements.
Des chaînes d’approvisionnement encore insuffisamment encadrées
Le rapport met également en évidence des lacunes importantes dans la gestion des chaînes d’approvisionnement. Si la moitié des entreprises utilisent des critères environnementaux ou sociaux pour sélectionner leurs fournisseurs, moins de 20 % réalisent des évaluations de risques approfondies.
Par ailleurs, seules 7 % des entreprises déclarent intégrer des politiques sociales dans leurs pratiques d’achat, et seulement 3 % rapportent des améliorations concrètes en matière de santé et de sécurité au travail chez leurs fournisseurs.
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Des disparités régionales marquées
L’étude note d’importantes différences géographiques. L’Europe apparaît comme la région où les engagements en matière de conduite responsable sont les plus répandus, tandis que la Chine affiche les niveaux les plus faibles.
Ces écarts traduisent, selon l’OCDE, des niveaux de maturité différents dans l’intégration des normes de durabilité et de responsabilité dans les stratégies d’entreprise.
Un appel à renforcer l’action publique
Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, souligne que les engagements des entreprises doivent désormais se traduire en actions concrètes. Il estime que les pouvoirs publics ont un rôle clé à jouer pour encourager des pratiques plus responsables et renforcer les mécanismes de suivi.
Le rapport propose plusieurs pistes d’action, notamment le soutien opérationnel aux entreprises pour la mise en œuvre du devoir de diligence, l’amélioration de la transparence, le renforcement des données disponibles sur l’impact des politiques ESG, ainsi que la coopération internationale pour harmoniser les règles.
Le rôle croissant des cadres réglementaires
L’OCDE note également que 84 % des pays membres et 67 % des adhérents aux Principes directeurs ont adopté des réglementations liées au devoir de diligence, incluant des obligations de transparence et des mesures sectorielles.
Ces dispositifs visent à renforcer la responsabilité des entreprises dans leurs impacts environnementaux et sociaux, tout en créant des conditions de concurrence plus équitables à l’échelle internationale.
Une mise en œuvre encore incomplète
Enfin, le rapport rappelle le rôle des Points de contact nationaux (PCN), mécanismes non judiciaires chargés de traiter les plaintes liées au non-respect des Principes directeurs de l’OCDE. Plus de 900 cas ont été examinés dans plus de 110 pays au cours des 25 dernières années.
Malgré la multiplication des engagements, l’OCDE conclut que l’enjeu majeur reste la transformation effective des politiques de responsabilité en résultats mesurables pour les sociétés, l’environnement et les chaînes de valeur mondiales.







