Johannesburg, Afrique du Sud – La Chambre Africaine de l’Énergie (AEC) dénonce ce qu’elle qualifie d' »apartheid financier » infligé au secteur pétrolier et gazier africain par les institutions financières occidentales. Cette organisation basée en Afrique du Sud, qui regroupe divers acteurs du secteur de l’énergie sur le continent, tire la sonnette d’alarme sur le retrait progressif du soutien financier occidental aux projets énergétiques africains, compromettant ainsi le développement énergétique et économique du continent.
Ces dernières années, plusieurs banques et institutions financières occidentales ont adopté des politiques visant à réduire le financement des projets liés aux combustibles fossiles, en particulier en Afrique. Cette tendance, exacerbée par la transition mondiale vers les énergies renouvelables et les pratiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance), a entraîné une chute des investissements dans l’industrie pétrolière et gazière africaine, un secteur vital pour l’économie et l’avenir énergétique du continent.
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Des projets clés tels que le projet GNL de TotalEnergies au Mozambique, l’extension du Train 7 de GNL au Nigeria, et le champ pétrolier de Sangomar au Sénégal ont été retardés ou menacés en raison de ce désinvestissement. Pendant ce temps, des initiatives similaires en Europe continuent de recevoir un soutien financier important, ce qui souligne la disparité de traitement entre les deux régions.
NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, critique vivement cette tendance, affirmant que l’Afrique est injustement privée de l’accès à ses propres ressources énergétiques, essentielles pour réduire la pauvreté énergétique et stimuler le développement économique. Il souligne que, alors que le gaz naturel est reconnu comme une énergie « verte » en Europe, il est traité différemment en Afrique, où les projets énergétiques sont confrontés à des défis financiers majeurs.
L’AEC appelle à une réévaluation de cette approche, en exhortant les institutions financières mondiales à soutenir les projets énergétiques africains. Selon Ayuk, cette réévaluation est cruciale pour promouvoir le développement économique, renforcer la sécurité énergétique et améliorer les conditions de vie sur le continent.
L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a également contribué à ces défis en appelant à cesser le financement des projets pétroliers et gaziers, ce qui a exacerbé l’incertitude quant à l’avenir du secteur énergétique en Afrique. Malgré cela, certains projets continuent de progresser, tels que le projet Coral South FLNG au Mozambique et le projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA) au Sénégal et en Mauritanie, mais les retards et les défis financiers persistent.
La Chambre Africaine de l’Énergie appelle à un changement de paradigme pour éviter que l’Afrique ne soit laissée pour compte dans la transition énergétique mondiale. Elle demande aux financiers mondiaux de reconnaître l’importance des projets énergétiques africains pour le développement durable du continent.
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