Les gouvernements militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont introduit une taxe d’importation de 0,5 % sur les marchandises entrant sur leur territoire. Cette mesure, entrée en vigueur immédiatement après une déclaration commune, concerne tous les biens importés des pays extérieurs, à l’exception de l’aide humanitaire.
La taxe touche également les importations en provenance des autres membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Nigéria, signalant ainsi une rupture formelle du libre-échange régional. Les revenus générés par cette taxe serviront à financer les activités de l’Alliance des États du Sahel (AES), une coalition récemment formée, visant à renforcer la sécurité et l’intégration économique des pays du Sahel.
Cette décision marque une escalade des tensions entre les pays dirigés par des juntes militaires et les démocraties de la région, telles que le Nigéria et le Ghana. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient précédemment annoncé leur retrait de la CEDEAO, accusant l’organisation régionale de ne pas les soutenir dans leur lutte contre les insurgés islamistes, malgré les sanctions économiques imposées pour rétablir un régime civil.
Cette taxe à l’importation représente un pas décisif dans la volonté des trois pays de s’affranchir de l’influence de la CEDEAO et de renforcer leur autonomie économique et politique. En parallèle, l’Alliance des États du Sahel continue de développer des projets tels que des passeports biométriques et une coopération militaire accrue.
Bien que cette initiative marque une rupture avec l’ordre économique traditionnel de l’Afrique de l’Ouest, elle soulève également des questions sur la viabilité économique de l’Alliance dans un contexte de tensions croissantes. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, malgré leur richesse en ressources naturelles, sont parmi les pays les plus pauvres du monde, confrontés à des défis sécuritaires majeurs liés à l’insurrection et aux groupes terroristes.
Les analystes estiment que la taxe d’importation pourrait approfondir l’isolement économique de ces pays et compliquer leurs relations avec le reste de l’Afrique de l’Ouest, tout en mettant à l’épreuve leur capacité à bâtir une alliance économiquement viable dans un environnement politique tendu.







