L’agence de notation Moody’s a décidé de maintenir la note de crédit de la France à « Aa2 » tout en abaissant sa perspective à « négative ». Cette décision, qui représente un avertissement pour les finances françaises, reflète des préoccupations importantes liées à l’évolution budgétaire et politique. Moody’s a souligné le risque d’incapacité du gouvernement à réduire les déficits budgétaires de manière durable, et laisse la porte ouverte à une dégradation de la note dans les mois à venir.
Le gouvernement français, dirigé par Michel Barnier, tente actuellement de faire accepter un effort budgétaire de 60 milliards d’euros au Parlement pour le budget 2025. Cette perspective de Moody’s intervient alors que Bercy réaffirme les forces économiques du pays tout en promettant de mener des réformes d’envergure.
Moody’s met en évidence le risque politique élevé et les difficultés rencontrées pour atteindre un consensus national sur la réduction des déficits. Selon l’agence, la situation politique actuelle en France est « sans précédent », remettant en question la capacité des institutions à réduire le déficit de manière structurelle.
La prime de risque pour la France sur les marchés est également un indicateur préoccupant, avec un écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes de 70 à 80 points de base, un niveau comparable à celui de l’Espagne ou du Portugal. Les analystes s’attendaient déjà à un alignement de la note de Moody’s sur celles de Fitch et S&P Global, toutes deux un cran en-dessous.
Le prochain rendez-vous pour la note souveraine de la France est prévu fin novembre avec S&P Global, qui pourrait, selon les analystes, également abaisser sa perspective à « négative ». Un alignement des trois grandes agences de notation dans ce sens renforcerait l’instabilité pour la France, surtout si cette situation se prolonge jusqu’en 2025. Une nouvelle dégradation pourrait faire passer la France dans la catégorie des « Simple A », modifiant le profil des investisseurs de la dette française.
Moody’s prévoit une révision de la note en avril 2025, en fonction de la capacité de la France à contrôler ses déficits. Ce répit donné par Moody’s est donc une opportunité pour la France de prouver sa résilience face aux défis budgétaires, dans un contexte politique sensible.







