Kenya : William Ruto accélère l’ambition pharmaceutique du pays
Le président du Kenya, William Ruto, a réaffirmé la volonté de son gouvernement de renforcer l’écosystème pharmaceutique national afin de positionner le pays comme un hub régional de fabrication de médicaments, d’innovation en santé et de chaînes d’approvisionnement médicales.
Le chef de l’État s’exprimait lors de la réunion de haut niveau de l’initiative Africa Initiative for Medical Access and Manufacturing (AIM2030), organisée dans le cadre de l’Africa Forward Summit à Nairobi.
Renforcement de l’autorité de régulation pharmaceutique
Selon William Ruto, le gouvernement travaille au renforcement des capacités de l’autorité nationale de régulation afin d’atteindre le niveau de maturité 3 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cet objectif vise à améliorer la confiance internationale dans la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits pharmaceutiques fabriqués au Kenya.
« Notre ambition est claire : positionner le Kenya comme un hub régional pour la fabrication pharmaceutique, l’innovation en santé et les chaînes d’approvisionnement médicales », a déclaré le président.
Un marché pharmaceutique africain en forte croissance
Le président kényan a rappelé que le marché pharmaceutique africain représente une opportunité industrielle majeure.
Selon lui, ce marché était estimé à 30 milliards de dollars en 2024 et devrait dépasser 50 milliards de dollars d’ici 2030.
Pour William Ruto, cette dynamique dépasse le seul enjeu sanitaire.
« Ce n’est pas seulement un impératif de santé, c’est aussi l’une des opportunités industrielles les plus attractives de notre époque », a-t-il souligné.
Un secteur encore fragmenté sur le continent
Malgré le potentiel du marché, le président a indiqué qu’environ 700 fabricants pharmaceutiques opèrent actuellement en Afrique, mais que la majorité demeure de petite ou moyenne taille.
Cette fragmentation limite :
- les économies d’échelle ;
- la compétitivité ;
- la résilience du secteur ;
- la capacité du continent à répondre efficacement aux crises sanitaires futures.
Appel à l’intégration réglementaire et industrielle
William Ruto a appelé les gouvernements africains à accélérer la mise en œuvre des engagements continentaux en matière :
- d’harmonisation réglementaire ;
- d’intégration des marchés ;
- de politiques industrielles.
L’objectif est de lever plusieurs obstacles structurels qui freinent les investissements privés à grande échelle, notamment :
- la fragmentation réglementaire ;
- le manque d’infrastructures ;
- les déficits de compétences ;
- l’insuffisance de visibilité sur la demande.
Le secteur privé invité à investir massivement
Le président a également lancé un appel direct au secteur privé pour profiter du potentiel du marché africain, fort de près de 1,6 milliard d’habitants et d’une demande croissante en produits de santé.
« C’est votre moment pour investir, augmenter la production et bâtir des partenariats durables sur le continent », a insisté William Ruto.
AIM2030 veut doubler la production pharmaceutique africaine
Présent à cette rencontre, le directeur général de la International Finance Corporation, Makhtar Diop, a rappelé que l’initiative AIM2030, portée par le Groupe de la Banque mondiale, vise à doubler la capacité de fabrication pharmaceutique africaine d’ici 2030.
Les intervenants ont insisté sur l’urgence de structurer et financer des projets bancables pour renforcer la souveraineté sanitaire du continent.
Vers une souveraineté sanitaire africaine
Les participants ont souligné que l’Afrique cherche désormais à passer :
- de la dépendance à l’autonomie ;
- de la vulnérabilité à la résilience.
Pour les dirigeants réunis à Nairobi, le développement d’une industrie pharmaceutique africaine forte constitue un levier stratégique à la fois sanitaire, industriel et économique pour le continent.







