Guinée : les universités s’ouvrent au savoir britannique et international
Face aux limites persistantes de son système d’enseignement supérieur, la Guinée relance sa coopération universitaire avec le Royaume-Uni afin d’accélérer l’ouverture de ses universités vers les standards académiques internationaux et de renforcer l’employabilité des diplômés.
Cette nouvelle dynamique a été actée lors d’une audience accordée par le ministre guinéen de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar Barry (photo, à gauche), au nouvel ambassadeur britannique en Guinée, Daniel Shepherd (photo, à droite). L’information a été rendue publique le mardi 20 janvier 2026 par le ministère.
L’anglais, levier stratégique d’insertion académique et professionnelle
Au cœur des échanges figure la modernisation du Centre d’étude de la langue anglaise de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, identifié comme un outil stratégique pour faciliter l’accès des étudiants guinéens aux ressources scientifiques internationales et aux opportunités académiques et professionnelles globalisées.
Les deux parties ont souligné que la maîtrise de l’anglais constitue aujourd’hui un prérequis incontournable pour intégrer les réseaux universitaires mondiaux, accéder aux publications scientifiques majeures et postuler à des formations d’excellence ou à des emplois qualifiés dans un environnement international.
Vers un pôle d’excellence anglophone en Guinée
Le ministre Alpha Bacar Barry a plaidé pour la création d’un pôle national d’excellence dédié à l’enseignement de la langue anglaise, structuré, moderne et durablement opérationnel. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’accompagner efficacement les étudiants tout au long de leurs parcours universitaires.
Il a également proposé le développement de partenariats structurants avec des institutions britanniques, notamment pour la formation des formateurs du Centre de Sonfonia et des classes préparatoires aux grandes écoles de Dalaba. L’objectif est de donner aux étudiants guinéens les compétences linguistiques nécessaires pour accéder aux concours internationaux et aux cursus anglophones d’élite.
Un enseignement supérieur confronté à des contraintes structurelles
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’enseignement supérieur guinéen fait face à des défis structurels persistants. L’accès aux ressources scientifiques internationales reste limité dans de nombreux établissements, en raison du déficit d’infrastructures modernes, du manque d’outils numériques et d’un accès insuffisant à internet.
Selon plusieurs analyses sectorielles, moins de 15 % des étudiants disposent de ressources numériques adéquates dans certains établissements, ce qui freine l’intégration des universités guinéennes aux réseaux de recherche mondiaux et pèse sur la qualité de la formation.
Un enjeu continental de capital humain
À l’échelle africaine, l’enseignement supérieur demeure insuffisant pour répondre aux besoins du marché du travail. Le taux de scolarisation dans le supérieur est estimé à environ 9 %, bien en deçà de la moyenne mondiale. Dans plusieurs pays de la région, jusqu’à un diplômé sur deux peine à trouver un emploi en adéquation avec ses qualifications.
Dans ce contexte, l’ouverture des universités guinéennes au savoir britannique et international apparaît comme un levier stratégique pour renforcer le capital humain, améliorer l’adéquation formation-emploi et positionner la Guinée dans les dynamiques régionales et mondiales de la connaissance.







