Guinée-Bissau : une émission de 15 milliards FCFA sursouscrite à plus de 540 %
La Guinée-Bissau a réalisé une opération remarquée sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine. À l’occasion d’une double adjudication organisée ce 9 juin 2026, le Trésor public bissau-guinéen a mobilisé 15 milliards de FCFA, conformément à son objectif initial, malgré une demande des investisseurs largement supérieure aux montants recherchés.
L’opération a suscité un engouement exceptionnel, les souscriptions atteignant 81,3 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 541,92 %, illustrant la forte liquidité disponible sur le marché régional et l’intérêt croissant des investisseurs pour les titres souverains de l’espace Umoa.
Les obligations à trois ans attirent l’essentiel des investisseurs
Le succès de cette levée de fonds repose principalement sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une maturité de trois ans.
Cette tranche a concentré à elle seule 70,14 milliards de FCFA de demandes réparties sur 48 soumissions. Face à cet afflux massif, les autorités bissau-guinéennes ont choisi d’allouer l’intégralité des 15 milliards de FCFA recherchés sur cette ligne obligataire.
Ces titres, arrivant à échéance le 10 juin 2029, offrent un taux d’intérêt nominal de 6,25 %. Les résultats de l’adjudication font ressortir un prix marginal de 94,5 %, un prix moyen pondéré de 94,71 % et un rendement moyen pondéré de 8,31 %, reflétant les conditions actuelles du marché régional de la dette.
Les bons du Trésor à un an largement délaissés
À l’inverse, les Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours n’ont pratiquement pas retenu l’attention de l’émetteur.
Bien que les investisseurs aient proposé 11,14 milliards de FCFA sur cette maturité courte, le Trésor bissau-guinéen n’a retenu qu’un montant symbolique de 10 millions de FCFA.
Cette décision traduit une stratégie claire de privilégier les financements à moyen terme plutôt que les ressources de court terme, permettant ainsi d’allonger la maturité moyenne de la dette publique et de réduire les risques liés au refinancement.
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Le Bénin et le Togo dominent les souscriptions retenues
L’analyse des allocations met en évidence le rôle central joué par certaines places financières de l’Umoa dans le financement de l’opération.
Les investisseurs du Bénin arrivent en tête avec 5,08 milliards de FCFA retenus, suivis de très près par ceux du Togo, qui ont obtenu 5 milliards de FCFA d’allocations.
La Côte d’Ivoire a contribué à hauteur de 2 milliards de FCFA, tandis que le Sénégal et le Burkina Faso ont respectivement obtenu 1,65 milliard de FCFA et 1,2 milliard de FCFA.
En revanche, aucune offre provenant du Mali, du Niger ou de la Guinée-Bissau n’a été retenue lors de cette opération.
Un signal positif pour le marché régional
Cette adjudication confirme la profondeur croissante du marché financier régional de l’Umoa, où les États bénéficient d’une importante capacité de financement grâce à la liquidité disponible auprès des investisseurs institutionnels.
Le taux de couverture supérieur à 540 % illustre également la confiance des acteurs du marché dans les émissions souveraines régionales, malgré un contexte marqué par des conditions monétaires plus exigeantes et une sélection plus rigoureuse des projets financés.
Pour la Guinée-Bissau, cette opération constitue un succès majeur. Elle lui permet non seulement de couvrir ses besoins de financement dans des conditions jugées satisfaisantes, mais aussi de renforcer sa crédibilité sur le marché régional de la dette publique.
Le règlement-livraison des titres ainsi que leur date de valeur sont prévus pour le 10 juin 2026, marquant l’aboutissement de cette émission largement plébiscitée par les investisseurs de l’Umoa.








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