Le Ghana semble avoir franchi une étape importante dans la stabilisation de son économie, après plus de trois ans d’une crise profonde marquée par l’inflation, la dette et la dépréciation du cedi. Selon les dernières analyses du FMI et les données des marchés, plusieurs indicateurs macroéconomiques s’améliorent progressivement. Pourtant, cette stabilisation ne se traduit pas encore par une relance tangible pour les ménages et les entreprises.
L’inflation est tombée à 12,1% en juillet 2025, son niveau le plus bas depuis quatre ans. Toutefois, les prix restent nettement plus élevés qu’avant la crise : l’inflation alimentaire atteint encore 15%, et les coûts de transport grimpent sous l’effet des hausses successives du carburant. Du côté externe, les réserves de change ont été renforcées à 11,4 milliards de dollars, notamment grâce aux achats d’or effectués par la Banque du Ghana, offrant près de cinq mois de couverture des importations. Le cedi, cependant, reste instable.
Le secteur financier montre lui aussi des signes de consolidation. La majorité des banques ont rétabli leurs ratios de fonds propres autour de 13%, notamment grâce au programme d’échange de la dette intérieure. Mais un point crucial demeure : les prêts ne reprennent pas. Les banques, confrontées à des niveaux élevés de créances douteuses, restent très prudentes, ce qui limite le financement des PME, en particulier dans la fabrication, le commerce de détail et l’agriculture. Ces secteurs, pourtant essentiels à l’emploi des jeunes, sont directement freinés par cette contraction du crédit.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement affiche des progrès notables. Le Ghana a enregistré un excédent primaire de 0,5% du PIB en 2025, soutenu par une meilleure conformité à la TVA, la digitalisation des procédures fiscales et un contrôle renforcé des dépenses. Mais l’absence d’accord final sur la restructuration de la dette extérieure continue d’éroder la confiance des investisseurs et réduit les marges de manœuvre publiques.
Malgré ces avancées, la réalité quotidienne reste difficile pour une grande partie de la population. Les salaires réels ne suivent pas la baisse de l’inflation, tandis que nombre de travailleurs informels gagnent moins que le salaire vital estimé à 2922 cedis. Les biens essentiels restent coûteux, et le chômage des jeunes dépasse 30%, freinant la demande intérieure et la reprise globale.
Pour les analystes, une relance durable dépendra de trois leviers majeurs : une désinflation plus profonde et stable, un redémarrage significatif du crédit vers les PME et une accélération de la restructuration de la dette extérieure. Sans cela, le Ghana risque de rester bloqué dans une phase de stabilisation sans véritable croissance inclusive.









































