La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa transformation économique avec le lancement de la Politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (PIRME). Adoptée en Conseil des ministres le 3 décembre, cette stratégie réunit les secteurs des mines, des hydrocarbures et de l’énergie dans un cadre unique destiné à accélérer la diversification du pays d’ici 2040.
Première économie de l’UEMOA avec 40 % du PIB de l’Union et 42 % de ses exportations la Côte d’Ivoire demeure portée par son agriculture, notamment le cacao et l’anacarde. Cette dépendance expose le pays aux fluctuations des marchés mondiaux. La PIRME vise donc à augmenter la part des mines et de l’énergie dans l’économie, pour passer de 7 % du PIB en 2022 à 14 % en 2040.
Une stratégie pour dynamiser les chaînes de valeur
La PIRME propose de mieux structurer la chaîne de valeur extractive, de la prospection à la transformation locale. Elle prévoit :
une hausse de la production minière et pétrolière,
un développement des industries de transformation pour créer davantage de valeur ajoutée,
un renforcement des chaînes de valeur nationales,
une gouvernance améliorée et une répartition plus équitable des revenus,
un soutien à la création d’emplois dans un pays où la pauvreté touchait 37,5 % de la population en 2021.
L’un des objectifs majeurs est de favoriser la participation des entreprises ivoiriennes, afin que la richesse générée soit plus largement partagée au niveau local.
L’énergie, pilier de la transformation économique
L’énergie occupe une place centrale dans la PIRME. Pour accompagner l’industrialisation, la politique fixe plusieurs objectifs clés :
intégrer 45 % d’énergies renouvelables dans le mix national,
réduire de 38 % les émissions du secteur énergétique,
renforcer la fiabilité et l’accessibilité de l’électricité,
favoriser l’émergence de nouvelles activités productives dans toutes les régions.
Un secteur énergétique robuste est considéré comme essentiel pour soutenir à la fois les industries extractives et l’économie dans son ensemble.
Un financement massif pour soutenir les ambitions
La mise en œuvre de la PIRME nécessitera 38 000 milliards FCFA sur 15 ans, répartis comme suit :
41 % pour l’énergie,
30 % pour les mines,
29 % pour les hydrocarbures.
Ce niveau d’investissement s’appuie sur la capacité prouvée de la Côte d’Ivoire à attirer des financements. Sur les 59 milliards d’euros prévus dans le PND 2021-2025, 77,1 % étaient déjà réalisés fin 2024. Le pays démontre ainsi sa capacité à mobiliser le secteur privé et à exécuter des projets de grande ampleur.
Vers une économie plus diversifiée et inclusive
En réunissant mines, hydrocarbures et énergie dans une stratégie intégrée, la Côte d’Ivoire cherche à consolider sa diversification économique. Si elle parvient à développer simultanément ces trois secteurs, le pays pourrait renforcer son statut de hub énergétique et industriel en Afrique de l’Ouest, tout en soutenant une croissance plus inclusive au-delà d’Abidjan, qui concentre actuellement 80 % de l’activité économique.
La PIRME se présente ainsi comme un instrument stratégique majeur pour transformer durablement l’économie ivoirienne d’ici 2040.









































