Dans une décision forte contre la dollarisation de l’économie ghanéenne, le président John Dramani Mahama a ordonné que tous les contrats publics soient désormais exclusivement libellés en cedi, quelle que soit leur source de financement. Cette directive, annoncée par le ministre des Finances Cassiel Ato Forson lors du premier examen budgétaire semestriel, est applicable immédiatement.
Le ministre a rappelé que selon la loi de 2006 sur les changes, il est illégal pour toute entreprise, institution ou particulier de fixer les prix, recevoir des paiements ou émettre des reçus en devises étrangères sans l’autorisation écrite de la Banque du Ghana. Cette pratique fragilise la stabilité monétaire, alimente l’inflation et érode la souveraineté économique du pays.
Une monnaie nationale en pleine résilience
Le ministre s’est réjoui de la forte appréciation du cedi en 2025. De 17 GH¢ pour un dollar en 2024, la devise nationale s’échange désormais autour de 10,4 GH¢, soit un gain de 42,6 %. Une performance qualifiée d’historique dans les 60 ans d’existence du cedi.
Cette remontée spectaculaire a renforcé la confiance des investisseurs. En juin, Fitch Ratings a relevé la note souveraine du Ghana à « B- » avec perspective stable, tandis que le programme du FMI a validé sa quatrième revue, permettant le décaissement de 367 millions de dollars.
Discipline budgétaire et réformes en toile de fond
Cette stabilité repose, selon Forson, sur une combinaison de discipline budgétaire, de politique monétaire rigoureuse et de réformes structurelles. Il a exhorté les citoyens à soutenir la monnaie locale.
Un signal fort à l’international
Avec cette mesure contre la dollarisation, le Ghana affirme sa volonté de préserver l’intégrité de sa politique monétaire et de réduire sa dépendance aux devises étrangères. Le gouvernement espère ainsi solidifier le rôle du cedi dans l’ensemble des transactions économiques et restaurer durablement la confiance dans la monnaie nationale.









































