Or : la Namibie vient étudier le modèle ghanéen de régulation
Le Ghana confirme son ambition de devenir une référence africaine en matière de gouvernance et de régulation du commerce de l’or. Une délégation du ministère namibien des Industries, des Mines et de l’Énergie a effectué une visite de travail auprès du Ghana Gold Board (GoldBod) dans le cadre d’une mission de benchmarking et de consultation.
L’objectif de cette démarche est de tirer les enseignements du modèle ghanéen afin de renforcer l’organisation, la régulation et l’efficacité du secteur minier namibien.
Accueillie par le directeur général adjoint de GoldBod, Richard Nunekpeku, la délégation a notamment été informée du mandat de l’institution et de son fonctionnement opérationnel.
Un modèle étudié sous plusieurs angles
Les échanges ont porté sur plusieurs dimensions essentielles de la chaîne aurifère.
La délégation namibienne s’est notamment intéressée aux mécanismes de licence et de régulation, aux dispositifs d’achat et de vente de l’or, mais également aux questions de responsabilité environnementale et de durabilité.
Les discussions ont également couvert la gestion financière et la génération de devises, ainsi que les mécanismes de conformité et d’application des règles.
Autrement dit, la Namibie ne s’intéresse pas uniquement au commerce de l’or. Elle cherche à comprendre comment construire un cadre permettant de mieux encadrer l’ensemble de la chaîne, depuis la production et la commercialisation jusqu’à la conformité et la mobilisation des recettes.
Pour les représentants namibiens, le dispositif ghanéen constitue une architecture suffisamment robuste pour fournir des enseignements utiles dans leur propre processus de standardisation du secteur.
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GoldBod, une expérience qui intéresse au-delà du Ghana
Cette mission témoigne de l’intérêt croissant que suscite l’expérience ghanéenne auprès d’autres pays africains producteurs ou potentiellement producteurs d’or.
Le Ghana cherche en effet à mieux structurer sa filière aurifère autour d’une gouvernance permettant d’améliorer la traçabilité des opérations, de renforcer la conformité et de maximiser les retombées économiques de l’or.
Pour la Namibie, l’intérêt est double : renforcer la compétitivité de son secteur minier tout en améliorant sa capacité à générer des recettes en devises dans un cadre davantage maîtrisé.
Cette démarche intervient dans un contexte où la gouvernance des ressources minières devient un enjeu de plus en plus stratégique pour les économies africaines.
L’enjeu n’est plus seulement d’extraire les ressources, mais de mieux contrôler leur commercialisation, d’en assurer la traçabilité et de maximiser la valeur créée localement.
Au-delà du transfert d’expertise, une coopération Sud-Sud
La visite ne se limite toutefois pas à un exercice technique.
Elle ouvre également la voie à un dialogue institutionnel plus étroit entre le Ghana et la Namibie, fondé sur le partage d’expériences et l’adoption de bonnes pratiques.
Cette coopération Sud-Sud présente un intérêt particulier pour les pays africains confrontés à des problématiques similaires : comment mieux valoriser les ressources naturelles, renforcer la transparence du secteur extractif et accroître les recettes publiques tout en respectant les exigences environnementales ?
Le Ghana et la Namibie pourraient ainsi progressivement développer des échanges autour de leurs expériences respectives et de leurs mécanismes de gouvernance minière.
Une question centrale : transformer l’or en davantage de valeur économique
Derrière la démarche namibienne se trouve une problématique qui dépasse largement la seule régulation du secteur aurifère : comment faire des ressources minières un véritable levier de transformation économique ?
La maîtrise des circuits de commercialisation peut permettre aux États de mieux connaître les volumes échangés, de réduire les risques de contournement des règles et de renforcer la mobilisation des recettes.
La traçabilité constitue également un élément essentiel pour améliorer la crédibilité des exportations africaines sur les marchés internationaux.
Dans cette perspective, l’expérience ghanéenne apparaît comme un cas d’étude intéressant pour la Namibie, qui cherche à bâtir un secteur minier à la fois plus compétitif, mieux réglementé et davantage orienté vers la durabilité.
L’Afrique cherche ses propres modèles de gouvernance minière
Cette initiative illustre enfin une dynamique plus large : la montée des coopérations africaines entre États et institutions autour de la gouvernance des ressources naturelles.
Plutôt que de dépendre exclusivement de modèles élaborés à l’extérieur du continent, les pays africains disposent désormais d’expériences nationales susceptibles d’être adaptées à leurs propres réalités.
La démarche Ghana-Namibie s’inscrit dans cette logique. Elle montre que l’expertise africaine peut elle-même devenir une source de solutions pour d’autres économies du continent.
En étudiant le modèle GoldBod, la Namibie ne cherche donc pas simplement à reproduire l’expérience ghanéenne. Elle cherche à identifier les mécanismes susceptibles d’améliorer sa propre gouvernance de l’or, sa capacité à générer des devises et la durabilité de son secteur minier.
À terme, ce type de coopération pourrait contribuer à faire émerger une architecture africaine de bonnes pratiques minières, construite davantage à partir des expériences du continent que de standards uniquement importés des marchés internationaux.







