Ghana : une reprise économique encore à transformer en emplois et en investissements
L’économie du Ghana a poursuivi son redressement en 2025, avec une croissance de 5,8 %, contre 5,6 % en 2024. Cette amélioration s’est accompagnée d’un net recul de l’inflation, d’une réduction du déficit budgétaire et d’une baisse de la dette publique. Mais pour la Banque africaine de développement (BAD), l’enjeu est désormais de transformer cette stabilisation macroéconomique en davantage d’emplois, de productivité et de transformation structurelle.
Le constat figure dans le Rapport pays 2026 consacré au Ghana, lancé le 30 juillet 2026 et intitulé Mobiliser les financements du développement du Ghana à grande échelle dans un monde fragmenté.
Une croissance de 5,8 % en 2025
La progression de l’économie ghanéenne a été soutenue principalement par les services, l’agriculture et la consommation intérieure. Le secteur minier a également bénéficié de l’augmentation de la production d’or et de conditions favorables sur les marchés internationaux.
Avec une croissance de 5,8 %, le Ghana a enregistré une performance supérieure aux perspectives de croissance établies pour l’Afrique et l’Afrique de l’Ouest. La BAD prévoit toutefois un léger ralentissement à 5 % en 2026, avant une remontée à 5,4 % en 2027.
Inflation, déficit et dette en net recul
L’amélioration de l’activité s’est accompagnée d’une consolidation des principaux indicateurs macroéconomiques.
L’inflation est passée de 22,9 % en 2024 à 14,6 % en 2025. Dans le même temps, le déficit budgétaire a été ramené de 6,3 % à 2,4 % du PIB, tandis que la dette publique a reculé de 61,8 % à 45,3 % du PIB.
La position extérieure du pays s’est également renforcée. Le compte courant est passé à un excédent de 4,4 % du PIB, contre 2 % en 2024, tandis que les réserves couvraient environ 5,8 mois d’importations. La hausse des exportations et des transferts de fonds de la diaspora a notamment contribué à cette amélioration.
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Le marché du travail reste sous pression
Malgré le redressement de l’activité, la BAD souligne que la croissance demeure insuffisante pour répondre pleinement aux enjeux sociaux et structurels du pays.
Le chômage des jeunes atteint 32 %, tandis que la pauvreté multidimensionnelle concerne encore 22 % de la population. Une partie importante de l’économie reste par ailleurs caractérisée par une faible productivité et une faible valeur ajoutée.
L’enjeu consiste donc à faire évoluer la reprise vers une croissance davantage créatrice d’emplois et capable d’accélérer la transformation de la structure productive.
Un besoin de financement de 3,3 milliards de dollars par an
Pour accélérer cette transformation, le Ghana devra accroître considérablement les ressources consacrées à l’investissement.
Selon le rapport de la BAD, le pays doit mobiliser environ 3,3 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour financer ses ambitions de développement. Or, les flux de financement ont représenté en moyenne environ 1,8 milliard de dollars par an entre 2020 et 2024.
Il en résulte un déficit annuel de financement estimé à environ 1,5 milliard de dollars.
« La prochaine étape consiste à faire en sorte que la croissance se traduise par des emplois productifs, des revenus plus élevés et une transformation économique renforcée », souligne Zerihun G. Alemu, économiste pays en chef de la BAD et principal auteur du rapport.
La mobilisation des ressources intérieures au cœur de la stratégie
La BAD identifie la mobilisation des ressources intérieures comme un levier majeur pour accroître la marge de manœuvre financière du Ghana.
Le pays dispose également de plusieurs instruments susceptibles de contribuer au financement de son développement, notamment les partenariats public-privé, les fonds de pension, les fonds souverains, les capitaux de la diaspora et les mécanismes de financement mixte.
Cette diversification des sources de financement apparaît d’autant plus importante que les besoins d’investissement dépassent les capacités actuelles de financement.
Le secteur financier appelé à financer davantage l’économie productive
Le développement de la finance numérique et de la monnaie mobile a contribué à élargir l’inclusion financière au Ghana et à approfondir les marchés financiers.
Cependant, l’accès du secteur privé aux financements demeure limité, notamment pour les petites et moyennes entreprises. La BAD estime ainsi que le renforcement de l’intermédiation financière et l’accès à des capitaux à plus long terme seront déterminants pour soutenir l’investissement productif et la diversification de l’économie.
Le Ghana entre dans une nouvelle phase de sa reprise
Après les réformes économiques et la restructuration de sa dette, le Ghana dispose désormais de fondamentaux macroéconomiques plus solides. La BAD estime que la prochaine étape consistera à convertir cette stabilisation en investissements, en gains de productivité et en emplois.
La capacité du pays à mobiliser davantage de capitaux publics et privés constituera donc un élément central de cette nouvelle phase. La trajectoire de croissance reste favorable, avec des prévisions de 5 % en 2026 et 5,4 % en 2027, mais sa portée dépendra largement de la capacité du Ghana à accélérer sa transformation économique.







