La Banque du Ghana a annoncé, le 5 janvier 2026, son intention d’injecter jusqu’à 1 milliard de dollars sur le marché des changes au cours du mois de janvier. Ces ventes de devises, destinées aux banques commerciales et aux entreprises, visent principalement à faciliter le règlement des importations et à limiter la volatilité du taux de change.
L’opération s’inscrit dans le cadre du programme d’intermédiation de change de la banque centrale. À travers ce mécanisme, la BoG agit comme intermédiaire afin d’injecter des devises de manière encadrée et transparente. Les ventes se feront par enchères, conformément à un nouveau cadre opérationnel récemment validé par le conseil d’administration de l’institution. Les volumes effectivement vendus pourront varier en fonction des conditions du marché, de la demande en devises et du niveau des réserves disponibles.
Stabiliser le cedi sans fixer le taux de change
Selon la banque centrale, l’objectif principal est de réduire les fluctuations excessives du cedi. En période de rareté de devises, la pression sur la monnaie nationale s’accentue, pouvant provoquer des dépréciations rapides. En injectant des dollars, la BoG cherche à répondre partiellement à la demande et à prévenir des mouvements brusques à court terme, tout en précisant qu’elle ne vise ni un niveau cible du taux de change ni une orientation artificielle du marché.
Le programme permet également une gestion active des réserves de change. Une partie des dollars injectés provient du programme national d’achat d’or, dans le cadre duquel la banque centrale acquiert de l’or produit localement, puis le convertit en devises étrangères. Cette approche vise à canaliser les flux de devises de manière progressive, sans perturber l’équilibre du marché.
Un bilan 2025 jugé positif
En décembre 2025, la BoG avait prévu de vendre jusqu’à 800 millions $, pour un montant effectif de 721 millions $. Depuis la révision du programme en septembre 2025, les montants injectés se sont élevés à 1,1 milliard $ en septembre, 1,3 milliard $ en octobre, 1 milliard $ en novembre et 721 millions $ en décembre. Selon les acteurs du marché, ces interventions ont contribué à une meilleure stabilité du marché des changes.
Sur l’ensemble de l’année 2025, le cedi s’est apprécié de 40,67 % face au dollar, atteignant environ 10,45 cedis pour un dollar. D’après les données de Bloomberg, il s’agit de la première appréciation annuelle de la monnaie ghanéenne depuis au moins 1994, la plaçant au deuxième rang mondial en termes de performance face au dollar, derrière le rouble russe.
Un premier trimestre sous surveillance
Pour 2026, l’attention se concentre sur le premier trimestre, traditionnellement marqué par une hausse de la demande en devises liée aux importations et aux paiements de dividendes aux investisseurs étrangers. La capacité de la Banque du Ghana à répondre à ces besoins tout en préservant un marché ordonné sera déterminante pour la stabilité macroéconomique du pays.









































