La Gambie mise sur la transformation numérique de son administration fiscale pour accroître ses recettes publiques sans augmenter de manière généralisée la pression fiscale. Selon les autorités, cette stratégie commence à produire des résultats significatifs, avec une hausse de 127 % des recettes fiscales en trois ans.
Le ministre gambien des Finances et des Affaires économiques, Seedy Keita, a indiqué que les recettes fiscales du pays sont passées de 11 milliards de dalasis en 2022, soit environ 149,7 millions de dollars, à 25 milliards de dalasis en 2025, équivalant à près de 340,3 millions de dollars.
Cette progression intervient dans le cadre d’une série de réformes visant à moderniser l’administration fiscale, renforcer les mécanismes de collecte et réduire les pertes de recettes.
Une hausse des recettes sans augmentation généralisée des impôts
Pour le ministre des Finances, l’amélioration des recettes ne résulte pas d’une hausse généralisée des taux d’imposition. Elle serait plutôt liée à une meilleure capacité de l’administration à collecter les impôts et taxes existants.
Plusieurs outils numériques ont ainsi été déployés au cours des dernières années. Parmi eux figurent notamment ASYCUDA World pour la gestion des opérations douanières, les timbres fiscaux numériques, la technologie de marquage des carburants, la numérisation de la taxation des revenus locatifs et la facturation électronique de la TVA.
Des mécanismes de garantie des recettes ont également été introduits dans le secteur des télécommunications.
Selon Seedy Keita, certaines de ces réformes ont permis d’augmenter les recettes de plus de 100 % dans plusieurs secteurs. Pour le ministre, ces résultats témoignent de l’existence de fuites importantes dans les anciens systèmes de collecte et du potentiel encore disponible pour améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
Vers une administration fiscale entièrement numérique
La Gambie entend poursuivre cette transformation avec le déploiement prochain du Système intégré d’administration fiscale (ITAS).
Porté par la Gambia Revenue Authority (GRA), ce dispositif doit permettre aux contribuables d’effectuer plusieurs démarches en ligne, notamment l’enregistrement, la déclaration et le paiement des impôts.
La digitalisation devrait ainsi réduire les coûts administratifs pour les contribuables et l’administration, tout en limitant les erreurs et en renforçant la traçabilité des opérations fiscales.
Pour les autorités gambiennes, l’enjeu est désormais de consolider les progrès réalisés et de poursuivre l’élargissement de l’assiette fiscale sans nécessairement recourir à de nouvelles hausses d’impôts.
Un objectif de 27,5 milliards de dalasis en 2026
Après avoir porté ses recettes fiscales à 25 milliards de dalasis en 2025, l’administration fiscale gambienne vise désormais 27,5 milliards de dalasis en 2026, soit environ 374,3 millions de dollars.
La réalisation de cet objectif sera déterminante pour un État qui cherche à renforcer ses ressources propres afin de financer ses priorités de développement et de réduire sa dépendance aux financements extérieurs.
La poursuite de la numérisation apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers de la stratégie gambienne de mobilisation des ressources domestiques.
Le soutien des institutions financières internationales
Les réformes engagées par la Gambie auraient également reçu un accueil favorable de la part des partenaires financiers internationaux.
Selon Seedy Keita, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont notamment salué les progrès réalisés par le pays dans la mobilisation des ressources intérieures et la modernisation de son administration fiscale.
Cette reconnaissance intervient dans le cadre de l’approbation de la cinquième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Pour la Gambie, la performance enregistrée entre 2022 et 2025 illustre le potentiel de la transformation numérique pour améliorer la collecte des recettes publiques. Le principal défi sera désormais de maintenir cette dynamique, d’élargir durablement la base fiscale et de faire de la digitalisation un outil de transparence et d’efficacité au service des finances publiques.







