Banque africaine de développement : 3,48 millions $ pour l’industrialisation et la ZLECAf
Le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), renforce son soutien aux efforts d’industrialisation et d’intégration commerciale en Afrique. Son Conseil d’administration a approuvé, le 13 juillet 2026 à Abidjan, un don de 3,48 millions de dollars destiné à financer des études d’impact et à renforcer les capacités institutionnelles dans cinq économies en transition : le Cameroun, le Tchad, les Comores, Madagascar et le Togo.
Le financement vise notamment à soutenir la mise en œuvre de l’Initiative pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA) et à favoriser une application plus efficace de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dans les pays bénéficiaires.
Un financement pour mieux mesurer l’impact des politiques industrielles
Le projet entend contribuer à améliorer la qualité des politiques industrielles et commerciales en renforçant leur fondement analytique.
Dans les cinq pays concernés, le soutien du Fonds africain de développement doit permettre de produire davantage de données fiables et exploitables pour éclairer les décisions publiques. L’objectif est de favoriser l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes, inclusives et intégrant les enjeux liés au changement climatique.
Cette approche répond à plusieurs contraintes qui continuent de limiter les performances des politiques d’industrialisation et d’intégration commerciale : faibles capacités institutionnelles, insuffisance de données de qualité et coordination encore fragmentée entre les différents acteurs publics.
« Les institutions nationales disposent souvent d’un accès insuffisant à des données fiables, désagrégées et pertinentes sur le plan climatique, ainsi que de mécanismes de coordination fragmentés, ce qui limite leur capacité à concevoir des politiques cohérentes, inclusives et fondées sur des données probantes », a expliqué Memory Dube, cheffe d’équipe du projet au Groupe de la Banque africaine de développement.
La ZLECAf au cœur du dispositif
Le financement accordé par le Fonds africain de développement intervient dans un contexte où la mise en œuvre de la ZLECAf représente un enjeu majeur pour la transformation économique du continent.
L’objectif est notamment de permettre aux cinq économies bénéficiaires de mieux évaluer les effets des politiques commerciales et industrielles et d’identifier les secteurs présentant le plus fort potentiel de développement.
Le projet prévoit ainsi le déploiement d’une méthodologie commune, à la fois robuste sur le plan analytique et suffisamment flexible pour tenir compte des spécificités économiques et institutionnelles de chaque pays.
Cette démarche doit permettre de renforcer la capacité des autorités nationales à analyser les dynamiques industrielles et commerciales et à mieux anticiper les effets des politiques publiques.
Renforcer les capacités des administrations et des experts
Au-delà du financement des études d’impact, le projet accorde une place importante au renforcement des compétences.
Des formations adaptées aux réalités nationales seront organisées au bénéfice des experts et responsables publics. Elles seront accompagnées de supports pédagogiques multilingues, d’exercices pratiques consacrés à la collecte et à la validation des données ainsi que d’un accompagnement sur le terrain.
L’initiative prévoit également un partage de méthodologies destinées à améliorer l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques publiques.
L’ambition est de permettre aux institutions nationales de disposer durablement des compétences nécessaires pour produire, analyser et exploiter les données utiles à la prise de décision.
Genre, climat et PME intégrés dans le suivi des politiques
Le projet entend également renforcer la dimension inclusive des politiques industrielles et commerciales.
Les systèmes nationaux de suivi et d’évaluation devront progressivement intégrer des indicateurs portant notamment sur l’égalité entre les femmes et les hommes, le changement climatique et les petites et moyennes entreprises (PME).
Cette orientation vise à mieux mesurer les effets des politiques publiques sur différents groupes de la population et sur les acteurs économiques qui jouent un rôle central dans la création d’emplois et la diversification des économies africaines.
Une attention particulière sera également accordée aux entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, considérées comme des bénéficiaires importants du projet.
Un large éventail d’acteurs bénéficiaires
Les bénéficiaires du financement ne se limitent pas aux administrations publiques.
Le projet cible également les analystes du commerce, les universitaires, les ministères concernés, les agences de développement et les partenaires techniques et financiers.
Les communautés économiques régionales et le secteur privé figurent également parmi les parties prenantes appelées à bénéficier du renforcement des capacités et de l’amélioration des systèmes d’information.
Cette approche doit favoriser une meilleure coordination entre les décideurs publics, les chercheurs, les institutions régionales et les entreprises autour des enjeux d’industrialisation et d’intégration commerciale.
AUDA-NEPAD chargée de la mise en œuvre
La mise en œuvre du projet sera assurée par l’Agence de développement de l’Union africaine – Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (AUDA-NEPAD), en collaboration avec les institutions nationales et les acteurs régionaux concernés.
L’initiative s’appuie sur des travaux déjà engagés pour élaborer et tester un guide destiné à évaluer l’impact de la ZLECAf et de l’AIDA.
Le nouveau financement doit permettre de passer à une phase de déploiement à plus grande échelle de cette méthodologie dans les économies en transition ciblées.
Un levier pour accélérer la transformation économique
À travers ce don de 3,48 millions de dollars, le Fonds africain de développement entend ainsi s’attaquer à l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les économies africaines : disposer de données suffisamment fiables et de capacités institutionnelles adéquates pour concevoir des politiques industrielles et commerciales efficaces.
Pour le Cameroun, le Tchad, les Comores, Madagascar et le Togo, l’enjeu est notamment de mieux exploiter les opportunités offertes par la ZLECAf et de renforcer leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et continentales.
En combinant renforcement des capacités, amélioration des données et évaluation des politiques publiques, le projet pourrait contribuer à mieux orienter les stratégies d’industrialisation et à rendre les bénéfices de l’intégration commerciale plus inclusifs et plus durables.
L’initiative s’inscrit ainsi dans une ambition plus large : faire de l’industrialisation et du commerce intra-africain des moteurs plus puissants de transformation économique, de création d’emplois et de développement durable sur le continent.







