Gabon : Libreville et le FMI poursuivent les discussions sur les finances publiques
Le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) vont poursuivre leurs discussions techniques dans les prochaines semaines afin d’examiner l’évolution des finances publiques, la trajectoire de la dette et les perspectives macroéconomiques du pays. Cette nouvelle étape pourrait préparer le terrain à l’ouverture éventuelle de négociations formelles pour un nouveau programme de soutien financier.
Le Gabon avait officiellement sollicité l’appui du FMI en mars 2026. Dans la foulée, les autorités ont engagé un audit des finances publiques et de l’endettement, dont les conclusions ont conduit à revoir sensiblement le montant consolidé de la dette et des passifs exigibles de l’État.
Lire aussi : Gabon : le gouvernement sollicite un programme du FMI
La dette consolidée arrêtée à 9 524,6 milliards FCFA
L’audit réalisé par les autorités gabonaises a établi le stock consolidé de la dette et des passifs exigibles à 9 524,643 milliards FCFA au 31 décembre 2025, contre une première estimation proche de 11 700 milliards FCFA. L’écart atteint ainsi environ 2 175 milliards FCFA, soit 18,6 %.
Cette révision ne correspond pas à des remboursements effectués entre les deux évaluations. Elle résulte principalement des opérations de vérification, de correction, de consolidation et de reclassement des engagements recensés lors de l’audit.
Avec le rebasage du PIB nominal 2025 à environ 13 822 milliards FCFA, le stock consolidé représente 68,91 % du PIB, selon les données communiquées par les autorités. Le rapport d’audit a été transmis au FMI afin de servir de base aux échanges avec l’institution.
Mais les deux parties doivent encore rapprocher leurs données. La rencontre du 25 septembre entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et une délégation du FMI a notamment porté sur la fiabilisation des données de finances publiques et la convergence des différentes évaluations de l’endettement.
Lire aussi : Gabon : la dette publique pourrait atteindre 94,3 % du PIB en 2027
Des besoins de financement importants en 2027
Ces discussions interviennent alors que le Gabon doit faire face à d’importants besoins de financement.
Dans son projet de budget 2027, le gouvernement prévoit notamment de mobiliser 1 144 milliards FCFA sur les marchés internationaux. Au total, les besoins de financement prévus pour l’exercice atteignent environ 2 931,4 milliards FCFA, avec notamment 600 milliards FCFA d’appuis budgétaires, 600 milliards sur les marchés financier sous-régional ou intérieur, 300 milliards de dette bancaire et 287,3 milliards de prêts-projets.
Parallèlement, les charges liées à la dette devraient rester élevées. Le gouvernement prévoit environ 2 546,8 milliards FCFA au titre des remboursements du principal et des charges financières en 2027, contre 1 058,4 milliards FCFA d’investissements publics programmés.
Cette configuration renforce l’importance de la trajectoire d’endettement et de la capacité du Trésor à mobiliser des ressources dans des conditions compatibles avec les équilibres budgétaires.
Le FMI examine aussi les réformes budgétaires
Les discussions entre Libreville et le FMI ne portent pas uniquement sur le montant de la dette.
L’institution indique également avoir examiné avec les autorités gabonaises le programme de réformes destiné à améliorer la gestion des finances publiques. Les prochains échanges devront notamment permettre de rapprocher les données budgétaires, les chiffres de dette et les projections économiques.
L’objectif est ainsi de disposer d’une lecture commune de la situation macroéconomique avant une éventuelle ouverture de négociations formelles sur un nouveau programme.
Le Gabon reste parallèlement engagé dans le remboursement de ses précédents crédits auprès du FMI. Au 31 août 2026, son encours envers le Fonds était estimé à environ 247 milliards FCFA, soit une baisse de près de 29 milliards FCFA en cinq mois.
Vers un éventuel nouveau programme avec le FMI
À ce stade, les discussions techniques ne constituent pas encore un accord sur un nouveau programme financier. Elles doivent d’abord permettre au FMI et aux autorités gabonaises de rapprocher leurs données sur la dette, le budget et les perspectives économiques.
Pour Libreville, l’enjeu est également lié à sa stratégie de financement pour 2027, marquée par d’importants besoins de ressources extérieures et des échéances de dette élevées.
La poursuite des échanges annoncée par le FMI constitue donc une nouvelle étape dans le processus engagé depuis la demande d’assistance formulée par le Gabon en mars. L’éventuelle conclusion d’un nouveau programme dépendra des discussions à venir, de l’évaluation de la soutenabilité de la dette et de l’avancement des réformes budgétaires.







