Gabon : la dette publique pourrait atteindre 94,3 % du PIB d’ici 2027, alerte le FMI
Alors que plusieurs économies d’Afrique subsaharienne amorcent une réduction de leur endettement grâce à une amélioration de leurs finances publiques, le Gabon suit une trajectoire inverse. Selon les projections publiées en avril 2026 par le Fonds monétaire international (FMI), relayées par le média Direct Infos Gabon, la dette publique gabonaise devrait connaître une forte accélération au cours des prochaines années, faisant peser des risques croissants sur la stabilité budgétaire du pays.
Une dette attendue à près de 95 % du PIB en 2027
Estimée à 8 780 milliards de FCFA à fin décembre 2025, la dette publique du Gabon représenterait 70,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, avant de grimper à 94,3 % du PIB en 2027.
Cette progression de plus de 23 points de PIB en trois ans placerait le Gabon parmi les pays d’Afrique subsaharienne enregistrant la plus forte détérioration de leur niveau d’endettement.
Une telle évolution intervient dans un contexte où la maîtrise de la dette est devenue un enjeu majeur pour les économies africaines confrontées à des conditions de financement plus restrictives sur les marchés internationaux.
Une trajectoire à contre-courant de l’Afrique subsaharienne
La situation gabonaise contraste avec celle observée dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne.
Selon le FMI, le niveau médian d’endettement de la région est passé de 57,2 % du PIB en 2024 à 53,1 % en 2025, grâce à une croissance économique plus soutenue, à une meilleure mobilisation des recettes publiques et à la mise en œuvre de réformes budgétaires.
Des pays comme le Ghana, la Zambie ou encore l’Éthiopie ont engagé des programmes d’assainissement de leurs finances publiques qui commencent à produire des résultats, illustrant la possibilité d’inverser la dynamique de la dette.
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Des déficits budgétaires de plus en plus importants
L’une des principales causes de cette dégradation réside dans l’aggravation du déficit budgétaire.
Celui-ci est passé de -3,3 % du PIB en 2024 à -8,5 % en 2025 et pourrait atteindre -11,2 % du PIB en 2027 si aucune mesure corrective n’est adoptée.
Cette évolution entraînerait une augmentation continue des besoins de financement de l’État, alimentant mécaniquement la hausse de la dette publique.
Parallèlement, l’accroissement des charges d’intérêts réduirait progressivement les marges budgétaires disponibles pour financer les investissements publics, les infrastructures et les dépenses sociales.
Le FMI appelle à un redressement budgétaire
Face à cette trajectoire jugée préoccupante, le FMI estime que le Gabon devra engager un important effort de consolidation budgétaire.
L’institution recommande notamment aux autorités de consacrer toute recette exceptionnelle au renforcement des réserves financières de l’État plutôt qu’à de nouvelles dépenses.
Elle met également en garde contre le recours à des politiques budgétaires procycliques, susceptibles d’accroître durablement les déséquilibres des finances publiques et de rendre leur correction plus coûteuse à l’avenir.
Un enjeu majeur pour la stabilité économique
Au-delà de l’évolution des chiffres, la trajectoire de la dette constitue un indicateur déterminant de la capacité du Gabon à financer son développement tout en préservant sa stabilité macroéconomique.
Si les projections du FMI se confirmaient, le pays verrait son niveau d’endettement se rapprocher de 100 % du PIB, limitant davantage ses marges de manœuvre face à d’éventuels chocs économiques ou à une dégradation des conditions de financement. Pour les autorités gabonaises, l’enjeu sera désormais de rétablir progressivement l’équilibre des finances publiques afin de contenir la progression de la dette et de préserver la confiance des investisseurs.







