Gabon : un budget 2026 réduit de 863 milliards FCFA et une croissance revue à 4 %
Le gouvernement gabonais ajuste ses prévisions économiques pour 2026. Auditionnés devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, Thierry Minko, et la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, ont présenté les grandes orientations du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026.
Face à un environnement économique international plus complexe que prévu et à des contraintes budgétaires croissantes, les autorités ont décidé de revoir à la baisse leurs ambitions financières tout en préservant les investissements considérés comme prioritaires pour le développement du pays.
Un budget de l’État ramené à 5 495 milliards FCFA
L’un des principaux enseignements du projet de loi de finances rectificative concerne la réduction significative du budget de l’État. Celui-ci est désormais fixé à 5 495,2 milliards de FCFA contre 6 358,9 milliards de FCFA prévus dans la loi de finances initiale, soit une baisse de 862,9 milliards de FCFA.
Cette révision affecte à la fois les recettes et les dépenses publiques. Les recettes budgétaires sont désormais évaluées à 2 928,2 milliards de FCFA tandis que les dépenses atteignent 5 180 milliards de FCFA.
Parallèlement, les crédits destinés à la mission « Engagements de l’État » enregistrent une hausse notable, passant de 508,5 milliards à 691,4 milliards de FCFA.
Selon Thierry Minko, cet ajustement vise avant tout à adapter les finances publiques aux réalités économiques actuelles et à renforcer la crédibilité des prévisions budgétaires du pays.
Une croissance économique revue à la baisse
L’autre évolution majeure concerne les perspectives de croissance du Gabon pour l’année 2026.
Présentant le Programme d’investissement public (PIP) 2026-2028, la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono, a annoncé que la prévision de croissance économique a été ramenée de 6,5 % à 4 %.
Cette révision reflète les difficultés économiques actuelles ainsi que la volonté du gouvernement d’adopter des hypothèses plus prudentes et plus réalistes.
Malgré ce ralentissement, les autorités restent confiantes quant au rôle moteur du secteur hors pétrole, dont la croissance est attendue à 4,4 %. Cette performance confirme la progression de la stratégie de diversification économique engagée ces dernières années pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures.
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Plus de 1 200 milliards FCFA d’investissements programmés
Malgré les contraintes budgétaires, l’exécutif entend poursuivre la mise en œuvre des projets structurants.
Le Programme d’investissement public 2026-2028 prévoit ainsi une enveloppe globale de 1 202 milliards de FCFA. Sur ce montant, 1 169 milliards de FCFA seront financés par le budget général de l’État, tandis que 33 milliards de FCFA proviendront des comptes spéciaux.
Pour le gouvernement, ce programme constitue un outil essentiel pour soutenir la transformation économique du pays, moderniser les infrastructures et améliorer les services publics.
Un premier cadre pluriannuel d’investissement de la Ve République
Selon Louise Pierrette Mvono, le Programme d’investissement public 2026-2028 représente le premier cadre pluriannuel d’investissement élaboré sous la Ve République.
Ce dispositif vise à intégrer le nouveau cadrage macroéconomique, à traduire les orientations stratégiques du président de la République en projets concrets et à garantir la soutenabilité des finances publiques sur le moyen terme.
L’objectif est de maintenir les investissements prioritaires tout en préservant les équilibres budgétaires dans un contexte économique plus exigeant.
La mise en œuvre au cœur des attentes des députés
À l’issue des auditions, les parlementaires ont salué les efforts du gouvernement pour adapter le budget aux nouvelles réalités économiques.
Toutefois, ils ont insisté sur la nécessité de renforcer le suivi de l’exécution budgétaire afin de garantir l’efficacité des dépenses publiques et la réalisation effective des projets annoncés.
Au-delà des chiffres, le véritable défi pour les autorités gabonaises sera désormais de transformer les ressources disponibles en réalisations concrètes capables de soutenir la croissance, de créer des emplois et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.








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