Le Gabon traverse une période de réorganisation importante dans le secteur de l’énergie et de l’eau. Le président Brice Oligui Nguema a pris la décision ferme de placer la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) sous administration provisoire à la suite de perturbations massives dans la fourniture d’électricité et d’eau. Cette mesure est motivée par des « faiblesses et fautes de management » internes à l’entreprise, aggravées par des détournements de recettes, comme l’a précisé le porte-parole du gouvernement de transition, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.
Ces derniers mois, la SEEG a été au centre de nombreuses critiques en raison de coupures de courant répétées, particulièrement en août, où la capitale gabonaise a connu un délestage massif. L’entreprise avait expliqué ces interruptions par des problèmes d’infrastructures, mais la réalité semble plus complexe. Un différend financier avec la société britannique Aggreko, prestataire dans l’exploitation de centrales au Gabon, a également contribué à la crise. Aggreko, réclamant le paiement de 15 milliards de francs CFA, avait menacé de couper l’approvisionnement si sa dette n’était pas partiellement réglée.
En réponse aux dysfonctionnements internes, le gouvernement a annoncé des mesures radicales, dont la digitalisation et la sécurisation de tout le système informatique de la SEEG. Une nouvelle direction de la sécurité et de la lutte contre la fraude sera également mise en place, dirigée par un membre du CTRI, pour restaurer la confiance des consommateurs et prévenir de futurs détournements.
Malgré la gravité de la situation, le gouvernement assure que l’audit en cours n’entraînera ni licenciements ni baisses de salaires pour les employés de la SEEG. De plus, pour remédier à la pénurie de compteurs, 22 500 nouveaux dispositifs seront remis et les coûts d’installation seront réduits, marquant un effort supplémentaire pour stabiliser la situation avant le premier anniversaire du coup d’État qui a mis fin à la dynastie Bongo.
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