Suisse : le Forum de Davos s’ouvre dans un climat d’incertitude globale
Le Forum économique mondial de Davos, qui se tient du lundi 19 au vendredi 23 janvier 2026 en Suisse, s’ouvre dans un contexte international marqué par une forte incertitude économique, géopolitique et sociale. Cette situation explique sans doute la participation record attendue cette année, avec plus de 2 500 participants issus des sphères économique, politique, scientifique et culturelle.
Parmi eux figurent 65 chefs d’État et de gouvernement, dont le président américain Donald Trump, ainsi qu’environ 400 journalistes chargés de couvrir les débats dans la station alpine helvétique.
Croissance, résilience et innovation au cœur des débats
Le programme du Forum s’articule autour de trois priorités transversales : la croissance, la résilience et l’innovation. Ces thématiques doivent guider les dirigeants dans leur manière d’appréhender la complexité du monde actuel et d’identifier les opportunités économiques de demain.
Dans un environnement caractérisé par des chocs successifs, les décideurs sont appelés à repenser les modèles de développement afin de concilier stabilité macroéconomique, inclusion sociale et transformation technologique.
Coopérer dans un monde plus conflictuel
Les discussions s’inscrivent également dans un contexte de montée des tensions entre grandes puissances, qui redessinent les rapports d’influence mondiaux et fragilisent la stabilité régionale. Les normes internationales sont de plus en plus contestées, les alliances deviennent mouvantes et la confiance entre États et acteurs économiques s’érode.
Face à cette volatilité accrue et à des risques de plus en plus interdépendants, les entreprises et les gouvernements doivent adapter en permanence leurs stratégies. La géoéconomie occupe désormais une place centrale dans les décisions d’investissement, alors que les notions traditionnelles de sécurité, de souveraineté et d’impact économique sont profondément remises en question.
Une croissance mondiale sous pression
Sur le plan économique, les perspectives restent fragiles. La croissance mondiale est projetée à 3,1 % en 2026, dans un contexte de tensions commerciales persistantes et d’incertitudes politiques. Le commerce international, moteur historique de la croissance, ne devrait progresser que de 0,9 % en 2025, alors que les règles existantes sont remises en cause et que de nouveaux cadres peinent à émerger.
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Si l’inflation globale montre des signes de ralentissement, l’inflation sous-jacente demeure élevée, tandis que le ratio dette/PIB mondial a atteint un niveau record de 95 %, réduisant considérablement les marges de manœuvre budgétaires des États.
L’innovation et le capital humain comme leviers clés
Dans ce contexte contraint, les perspectives de long terme dépendront de la capacité des économies à exploiter l’innovation pour stimuler la productivité, tout en renforçant la résilience sociale. Les politiques économiques devront également rester attentives aux attentes des travailleurs et des citoyens afin d’assurer un partage plus équitable des fruits de la croissance.
L’investissement dans la requalification et le perfectionnement des compétences s’impose comme un enjeu majeur, alors que 22 % des emplois mondiaux devraient évoluer au cours des cinq prochaines années, notamment sous l’effet de l’intelligence artificielle.
Dans les économies émergentes, le défi est encore plus pressant : près de 800 millions de jeunes devraient entrer sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie, nécessitant une accélération significative de la création d’emplois.
Enfin, cette exigence de résilience multidimensionnelle concerne également la santé mondiale. Aujourd’hui, 4,5 milliards de personnes n’ont pas accès aux services de santé essentiels, tandis que le secteur fait face à un déficit de financement estimé à 10,5 milliards de dollars par an, soulignant l’urgence d’investissements ciblés pour améliorer les résultats sanitaires.







