Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé son soutien au Sénégal, à l’issue d’une mission menée à Dakar du 19 au 26 août 2025. L’institution de Bretton Woods s’est dite disposée à accompagner le pays dans la mise en œuvre de réformes structurelles en cohérence avec la Vision Sénégal 2050 et le Plan de redressement économique et social (PRES) lancé début août par le gouvernement.
La délégation, dirigée par Edward Gemayel, a rencontré plusieurs ministres, dont Cheikh Diba (Finances et Budget) et Ahmadou Al Aminou Lo (ministre d’État auprès du président). Les discussions ont porté sur les mesures à prendre après les révélations de la Cour des comptes et de l’audit mené par Forvis-Mazars, qui ont mis en lumière des irrégularités budgétaires entre 2019 et 2023.
L’audit a révélé une sous-évaluation massive de la dette publique. Estimée initialement à 74,4 % du PIB fin 2023, la dette du gouvernement central a été révisée à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024 en raison de passifs non déclarés. Cette révision a creusé un déficit budgétaire réel proche de 14 % du PIB, accentuant la pression sur les finances publiques.
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Le FMI a salué « l’engagement des autorités en faveur de la transparence » et a souligné la nécessité d’un cadre institutionnel plus solide pour la gestion de la dette. Les priorités incluent la centralisation de cette gestion, la consolidation du Compte unique du Trésor, l’achèvement de l’audit des arriérés de paiement et la mise en place d’une base de données budgétaires centralisée.
Présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko, en présence du président Bassirou Diomaye Faye, le PRES repose à 90 % sur des ressources domestiques estimées à 5.667 milliards de FCFA pour la période 2025-2028. Ces financements proviendraient de nouvelles recettes fiscales (2.111 milliards), du recyclage d’actifs publics (1.091 milliards) et de mécanismes alternatifs non adossés à la dette (1.352 milliards).
Le plan prévoit également une série de réformes structurelles : rationalisation des dépenses, élargissement de l’assiette fiscale (avec la fiscalité numérique, verte et bleue), amélioration de la gouvernance et valorisation du foncier.
Malgré la sévérité de la crise budgétaire, l’économie sénégalaise affiche des signaux positifs. Au premier trimestre 2025, la croissance a atteint 12,1 %, grâce au démarrage de la production pétrolière et gazière à Sangomar et GTA. Hors hydrocarbures, la progression reste plus modeste, à 3,1 %, freinée par des difficultés dans la construction et l’industrie chimique. L’inflation demeure faible, à 0,7 %, ce qui contribue à stabiliser le pouvoir d’achat.
Pour les autorités, l’appui du FMI est crucial afin de restaurer la crédibilité financière du Sénégal et d’attirer de nouveaux investisseurs. Dakar a déjà exprimé son intention de négocier un nouveau programme de réformes, dont l’examen est attendu prochainement par le conseil d’administration de l’institution.










































