Un mois après la publication du rapport explosif de la Cour des comptes, révélant une sous-estimation majeure de la dette publique sénégalaise, une mission technique du Fonds Monétaire International (FMI) est arrivée à Dakar ce mardi 18 mars 2025.
Conduite par Eddy Gemayel, chef de division du FMI, et Majdi Debbich, représentant résident de l’institution au Sénégal, cette délégation a entamé une série de consultations avec les autorités économiques et financières du pays.
Le rapport publié le 12 février 2025 a mis en lumière des manipulations des chiffres sous l’ancien régime de Macky Sall. Contrairement aux 25 % du PIB initialement annoncés, la dette réelle atteindrait près de 100 % du PIB, soit environ 4 700 milliards de FCFA à fin 2023.
Cette révélation a provoqué une onde de choc parmi les partenaires financiers du Sénégal, mettant en doute la transparence budgétaire du pays. Dès septembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà dénoncé des falsifications comptables, accusant l’ancien pouvoir d’avoir dissimulé l’ampleur du déficit aux bailleurs internationaux.
Face à ces disparités majeures, le FMI a mandaté cette mission d’examen pour vérifier les conclusions du rapport de la Cour des comptes.
« Nous ne remettons pas en cause l’audit, mais nous devons appliquer nos processus d’examen habituels, surtout sur des dossiers aussi sensibles », a déclaré un porte-parole du FMI.
L’institution entend ainsi analyser les écarts avant de statuer sur une reprise des décaissements, suspendus depuis fin 2024.
Le Sénégal espère relancer sa coopération financière avec le FMI, après la suspension d’un programme initial de 1,8 milliard de dollars, dont 770,5 millions avaient été décaissés.
Un nouvel accord pourrait être validé en juin 2025, lors d’un conseil d’administration du FMI. Cependant, certains partenaires diplomatiques plaident pour un décaissement anticipé dès avril, afin d’éviter une crise de liquidité et de soutenir l’économie sénégalaise.
L’issue de cette mission technique pourrait être déterminante pour l’avenir économique du Sénégal, qui doit restaurer la confiance des investisseurs et des institutions financières internationales.







