Fitch Ratings a récemment abaissé les notes de défaut de l’émetteur (IDR) à long terme en monnaie étrangère et locale d’Oragroup SA de « CC » à « C ». Ce déclassement, annoncé le 11 novembre 2024, reflète des craintes croissantes de risques de défaut, la banque ayant manqué un remboursement de prêt dû en euros et en francs CFA d’Afrique de l’Ouest en raison de problèmes de liquidité. Les notes IDR à court terme restent inchangées à « C », tandis que la note de viabilité (VR) a également été confirmée à « f ».
Facteurs de dégradation de la note
Fitch souligne que la dégradation des IDR à long terme résulte de la situation critique de la société holding bancaire (BHC) d’Oragroup, actuellement en période de grâce depuis le 1er novembre 2024 pour un prêt bancaire dont l’échéance approche. Cette situation est attribuée à une insuffisance de liquidité, et la possibilité de régulariser cette situation semble faible sans un apport de capital significatif de la part des actionnaires.
Le ratio de risque de crédit, maintenu à « f », traduit la probabilité élevée d’échec pour Oragroup à respecter ses exigences réglementaires en matière de fonds propres. Fitch estime que, sans intervention de la part des actionnaires, le groupe ne pourrait pas combler son déficit de capital, ce qui pèse lourdement sur sa stabilité financière.
Voir aussi : Fitch Ratings abaisse la note d’Oragroup SA à « CC »
Perspectives de notation et sensibilités
Facteurs de dégradation supplémentaires :
- Si la période de grâce expirant fin novembre 2024 s’achève sans remboursement, la note pourrait être abaissée à « RD » (Restricted Default), indiquant un défaut de paiement confirmé.
- Une intervention réglementaire en raison d’une violation prolongée des exigences de fonds propres pourrait également déclencher une dégradation des IDR.
Conditions de relèvement de la note :
- Les notes VR et IDR pourraient être revalorisées si Oragroup bénéficie d’un apport de capital d’urgence, permettant ainsi de renforcer la capitalisation et de rééquilibrer sa liquidité.
- Un redressement de la note IDR pourrait également se produire si la liquidité d’Oragroup s’améliore, permettant à la banque de refinancer ses dettes et de réduire le risque d’intervention réglementaire.
Cette dégradation intervient alors qu’Oragroup fait face à une période d’incertitude accrue. Les investisseurs sont invités à suivre de près l’évolution des efforts de refinancement et les interventions potentielles des actionnaires, susceptibles de stabiliser la situation et d’améliorer les perspectives de l’établissement.









































