ECO : la Guinée défend le franc guinéen tout en rejoignant la Task Force de la CEDEAO
Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) maintient son objectif de lancer progressivement la monnaie unique ECO à partir de 2027, la Guinée réaffirme son attachement au franc guinéen, présenté par le président Mamadi Doumbouya comme un pilier de la souveraineté économique nationale. Dans le même temps, Conakry rejoint la Task Force présidentielle chargée de piloter les travaux sur la future monnaie régionale.
Le franc guinéen, « un instrument de souveraineté »
Lors du Conseil des ministres du 30 juillet 2026, le président Mamadi Doumbouya a réaffirmé que la monnaie nationale demeure au cœur de la stratégie économique de la Guinée.
Rappelant que le pays « bat sa monnaie depuis plus de 65 ans », il a souligné que le franc guinéen constitue un levier essentiel pour préserver les intérêts économiques de la nation.
« La République de Guinée reste attachée à sa souveraineté économique pour continuer à décider de son avenir économique à travers le franc guinéen », a déclaré le chef de l’État.
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Pour les autorités guinéennes, le maintien d’une monnaie nationale représente un élément central de l’indépendance économique et un outil stratégique au service du développement.
La CEDEAO confirme le lancement progressif de l’ECO en 2027
Cette déclaration intervient quelques jours après le 69ᵉ sommet ordinaire de la CEDEAO organisé à Lungi, en Sierra Leone.
À cette occasion, les chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur volonté de lancer l’ECO en 2027 selon une approche progressive. La première phase concernera uniquement les pays respectant les critères de convergence macroéconomique, tandis que les autres États seront accompagnés jusqu’à leur adhésion au mécanisme.
Cette stratégie vise à assurer un déploiement plus réaliste de la monnaie unique, dont le lancement a été reporté à plusieurs reprises.
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Conakry rejoint les travaux sur la future monnaie unique
Malgré son attachement affiché au franc guinéen, la Guinée entend participer activement à la construction du projet régional.
La Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a approuvé, le 19 juillet, la demande de Conakry d’intégrer la Task Force présidentielle chargée du programme de la monnaie unique.
Cette instance est chargée de poursuivre les travaux techniques relatifs à la mise en œuvre de l’ECO et de formuler des recommandations avant le prochain sommet ordinaire de la CEDEAO prévu en décembre 2026.
Une Afrique de l’Ouest encore marquée par la diversité monétaire
Le projet de monnaie unique évolue dans un espace où coexistent encore plusieurs devises nationales.
En dehors des huit pays de l’UEMOA qui utilisent le franc CFA, plusieurs États membres de la CEDEAO disposent de leur propre monnaie, notamment le naira nigérian, le cedi ghanéen, le dalasi gambien, le leone sierra-léonais, le dollar libérien, l’escudo cap-verdien ainsi que le franc guinéen.
Cette diversité monétaire illustre la complexité du processus d’intégration monétaire en Afrique de l’Ouest.
La Guinée privilégie une double stratégie
Pour Conakry, participer aux discussions sur l’ECO ne signifie pas renoncer à sa politique monétaire nationale.
Les autorités souhaitent conserver le franc guinéen comme instrument de pilotage économique tout en contribuant aux réflexions régionales sur l’intégration financière et monétaire de la CEDEAO.
Cette position traduit une volonté de concilier souveraineté économique et coopération régionale dans un contexte où la stabilité macroéconomique demeure un préalable à la réussite du projet de monnaie unique.
Simandou 2040 : Doumbouya exige des résultats
Au-delà des questions monétaires, Mamadi Doumbouya a rappelé aux membres de son gouvernement leur obligation de résultats dans la mise en œuvre du programme « Simandou 2040 ».
Le président guinéen a indiqué que chaque ministre sera désormais évalué sur sa capacité à transformer les engagements de l’État en réalisations concrètes, faisant de l’efficacité de l’action publique un axe majeur de son programme de gouvernance.







