En vue de diversifier son approvisionnement en brut, la raffinerie de pétrole du groupe Dangote prévoit d’importer, dans les prochains mois, de la matière première auprès d’autres pays africains. Aliko Dangote, patron du groupe éponyme, a annoncé cette stratégie lors d’une interview le 13 juillet 2024 à la presse locale. Des pourparlers sont déjà en cours avec des pays producteurs tels que le Sénégal, l’Angola et la Libye.
“Nous allons commencer à importer du pétrole brut des pays africains. Vous savez, pour le pétrole brut, il faut réserver deux mois à l’avance. Je dirais donc qu’en octobre, nous en importerons de ces pays africains”,
a déclaré Aliko Dangote. Jusqu’ici, en dehors des quantités disponibles sur le marché nigérian, la raffinerie de Lekki avait également importé plusieurs cargaisons de brut des États-Unis et du Brésil. Cependant, ces approvisionnements n’ont pas suffi pour atteindre la capacité de production de 650 000 barils/jour.
L’Angola et la Libye, deux importants producteurs de pétrole en Afrique, ainsi que le Sénégal, qui a récemment débuté l’exploitation du gisement Sangomar, sont les principaux partenaires potentiels pour Dangote. Cette initiative vise à diversifier les sources d’approvisionnement face à une production nigériane devenue irrégulière.
Depuis quelques années, le secteur pétrolier en aval du Nigéria est fortement impacté par les vols de pétrole sur les pipelines, le désinvestissement des majors pétrolières et l’insécurité dans le delta du Niger. En 2022, ces vols ont coûté au Nigéria sa place de premier producteur de pétrole africain, un statut retrouvé début 2023 grâce aux efforts du gouvernement fédéral.
Outre le brut en provenance des États-Unis, du Brésil et des pays africains, la raffinerie de Lekki, située à l’Est de Lagos, peut également traiter le brut léger d’Arabie Saoudite. Cette flexibilité permet à Dangote de limiter sa dépendance au pétrole nigérian tout en maintenant un approvisionnement stable pour sa raffinerie.







