La croissance du Sénégal devrait atteindre un niveau record de 8,8 % en 2025, selon les projections de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), contre 4,3 % en 2024. Cette progression notable serait principalement tirée par les débuts prometteurs du secteur extractif, en particulier la production de pétrole et de gaz attendue sur l’année.
Cependant, malgré ces perspectives ambitieuses, le pays reste confronté à plusieurs incertitudes économiques. L’inflation, bien qu’en baisse, devrait s’établir à 2,7 % en 2025 contre 5,9 % l’année précédente. Des tensions subsistent notamment sur les marchés de l’énergie, des céréales et des hydrocarbures, influencés par des facteurs externes et climatiques.
Le déficit budgétaire, en légère amélioration, est prévu à 3,9 % du PIB en 2025 après avoir atteint 4,9 % en 2024. Il demeure néanmoins au-dessus du seuil de 3 % fixé dans les critères de convergence de l’UEMOA, ce qui interpelle sur la discipline budgétaire à maintenir.
Concernant la dette publique, elle devrait reculer à 72,5 % du PIB en 2025, contre 74,6 % un an plus tôt. Bien que les indicateurs demeurent inférieurs aux seuils de viabilité établis par le FMI et la Banque mondiale, la situation reste qualifiée de « vulnérabilité modérée ». Les risques liés aux taux d’intérêt, aux taux de change et à la croissance pourraient détériorer les équilibres.
Sur le plan externe, le déficit du compte courant devrait légèrement s’aggraver pour atteindre 8,9 % du PIB en 2025, en raison notamment de la hausse des importations en lien avec les projets pétroliers et gaziers en cours.
Enfin, le rapport alerte sur plusieurs menaces structurelles, dont les aléas climatiques, les tensions sécuritaires régionales et l’instabilité politique interne. Face à ces défis, il recommande une accélération des réformes structurelles, un contrôle accru de la dépense publique et une gestion proactive de la dette pour garantir la soutenabilité à moyen terme.







