Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), bien que la Côte d’Ivoire ne soit traditionnellement pas un grand bénéficiaire des transferts de fonds de ses travailleurs émigrés, elle a enregistré une performance exceptionnelle dans ce domaine au cours des dernières années.
En effet, les transferts de fonds de sa diaspora ont plus que doublé, avec une augmentation de 137% entre 2021 et 2023, passant de 440 millions de dollars (266,3 milliards FCFA) à 1 042 millions de dollars (627,69 milliards FCFA). Il s’agit de la plus forte augmentation observée dans un pays de l’Union sur cette période.
En dehors de la Côte d’Ivoire, seul le Niger a réussi une performance tout aussi remarquable, grâce à une croissance de 105% des transferts d’argent de sa diaspora, atteignant 725 millions de dollars en 2023, contre 353 millions de dollars en 2021.
Ces envois de fonds des migrants ivoiriens, qui ne représentaient que 0,5% du PIB en 2019, représentent désormais 1,3% du PIB ivoirien.
Des études ont démontré l’impact positif de ces transferts d’argent dans les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment en matière de réduction de la pauvreté, d’amélioration de la situation nutritionnelle et d’augmentation des dépenses d’éducation. En Côte d’Ivoire, cette évolution favorable a donc contribué à renforcer la capacité des ménages bénéficiaires à subvenir à leurs besoins immédiats, étant entendu qu’une part accrue de leur budget est généralement consacrée à prévenir les pénuries alimentaires.
Cependant, la Côte d’Ivoire reste parmi les pays de l’UEMOA où la part des envois de fonds par rapport au PIB est faible, juste devant le Bénin, dont les transferts de fonds des migrants représentaient 1,2% du PIB en 2023.
En termes de valeur, le Sénégal reste le principal bénéficiaire des transferts de fonds des migrants, avec une somme de 2,94 milliards de dollars reçue en 2023, suivi par le Mali (1,15 milliard de dollars) et la Côte d’Ivoire.
Toutefois, en proportion du PIB, la Guinée-Bissau est en tête avec 10,5%, pour des envois de fonds totalisant 206 millions de dollars. Elle est suivie par le Sénégal avec 9,3% et le Togo avec 7,2%, pour des transferts de fonds de 650 millions de dollars reçus par Lomé.
Quant au Mali et au Niger, les envois de fonds des migrants ne représentent respectivement que 5,6% et 4,4% du PIB.
En somme, malgré l’augmentation significative des transferts d’argent de la diaspora ivoirienne en 2023, cette source de financement extérieur reste inférieure à l’aide publique au développement (1,97 milliard de dollars) et aux investissements directs étrangers (1,75 milliard de dollars).







