La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans ses ambitions énergétiques. Le consortium composé d’Eni, de PETROCI et de Vitol a officialisé lundi à Abidjan la décision finale d’investissement (FID) de la troisième phase du gisement pétrolier et gazier Baleine.
Cette nouvelle phase représente un investissement supplémentaire de 4 milliards de dollars et porte l’enveloppe globale engagée sur le projet à 8,5 milliards de dollars depuis la découverte du gisement en 2021.
La Côte d’Ivoire veut tripler sa production pétrolière
Avec cette troisième phase, les autorités ivoiriennes entendent accélérer la montée en puissance du champ Baleine afin de consolider la place du pays parmi les producteurs émergents d’hydrocarbures en Afrique de l’Ouest.
Selon Guido Brusco, la production pétrolière passera de 60 000 barils par jour actuellement à 150 000 barils quotidiens une fois le projet pleinement opérationnel.
Le programme prévoit également une augmentation significative de la production de gaz naturel, qui devrait atteindre 200 millions de pieds cubes par jour pendant au moins douze ans.
« Ce gaz sera principalement orienté vers le marché domestique, en appui à la production d’électricité et à l’industrialisation du pays », a indiqué le responsable d’Eni lors de la cérémonie organisée au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan.
Le plus grand projet énergétique de l’histoire ivoirienne
Découvert en 2021, Baleine constitue la plus importante découverte d’hydrocarbures jamais réalisée en Côte d’Ivoire.
Les ressources du gisement sont estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel.
Les deux premières phases du projet avaient déjà mobilisé 4,5 milliards de dollars et permis l’installation des premières infrastructures offshore de production.
Avec cette nouvelle enveloppe, Baleine devient officiellement le plus important programme d’investissement énergétique jamais engagé dans le pays.
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Un signal fort pour l’attractivité économique ivoirienne
Présidant la cérémonie au nom du gouvernement, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a salué une décision « de portée historique ».
Selon lui, cet investissement confirme l’attractivité croissante de la Côte d’Ivoire auprès des investisseurs internationaux.
Le ministre a également annoncé l’élaboration, avec l’appui de la Banque mondiale, d’un plan directeur gazier (« Gas Master Plan ») destiné à organiser l’exploitation future des ressources gazières du pays.
L’objectif affiché est de renforcer la sécurité énergétique nationale, soutenir l’industrialisation et répondre à la demande croissante en électricité dans la sous-région.
Un projet présenté comme le premier “net zéro” en Afrique
Le projet Baleine se distingue également par ses ambitions environnementales.
Le consortium affirme qu’il s’agit du premier projet pétrolier et gazier à émissions nettes nulles en Afrique.
Plusieurs initiatives environnementales accompagnent ainsi le développement du champ, notamment :
- la distribution de 200 000 foyers de cuisson améliorés ;
- la restauration de 145 000 hectares de forêts classées ;
- et la production de biocarburants à partir d’hévéas.
Cette approche vise à réduire l’empreinte carbone du projet dans un contexte mondial marqué par la pression croissante autour de la transition énergétique.
Le contenu local au cœur des priorités
Au-delà des enjeux énergétiques, les autorités ivoiriennes mettent également l’accent sur le développement du contenu local.
Le projet prévoit notamment une participation accrue des entreprises ivoiriennes dans la chaîne de valeur ainsi que le renforcement des compétences nationales à travers des programmes de formation.
Pour Eni, Baleine dépasse désormais le simple cadre industriel.
« Baleine est plus qu’un projet pétrolier et gazier. C’est un projet stratégique pour la sécurité énergétique de la Côte d’Ivoire », a affirmé Guido Brusco.
Avec ce projet, la Côte d’Ivoire cherche désormais à transformer ses importantes découvertes pétrolières et gazières en moteur durable de croissance économique, d’industrialisation et de souveraineté énergétique.







