Côte d’Ivoire : la BNI mobilise 300 milliards FCFA pour le café-cacao
À l’approche de l’ouverture de la campagne 2026-2027, la Banque Nationale d’Investissement (BNI) renforce son soutien à la filière café-cacao ivoirienne. La banque prévoit de mobiliser 300 milliards de FCFA pour accompagner producteurs, coopératives et entreprises, dans un contexte marqué par la réforme du calendrier de commercialisation et les incertitudes sur les cours mondiaux.
La BNI entend jouer un rôle majeur dans le financement de la prochaine campagne café-cacao en Côte d’Ivoire. Le 20 août 2026 à Abidjan, lors de la 8ᵉ édition du Networking Café-Cacao BNI, son directeur général, Youssouf Fadiga, a annoncé une enveloppe de 300 milliards de FCFA destinée aux acteurs de la filière.
Ce montant représente une progression de 6 % par rapport à l’enveloppe mobilisée lors de la précédente campagne.
300 milliards pour financer la chaîne de valeur
Les ressources annoncées doivent permettre de répondre aux différents besoins de financement des acteurs du secteur.
Producteurs, coopératives et entreprises pourront notamment utiliser ces financements pour l’acquisition de matériel, le paiement des récoltes et le développement de leurs activités.
À travers cette enveloppe, la BNI cherche ainsi à renforcer son positionnement comme partenaire financier de référence d’une filière qui occupe une place centrale dans l’économie ivoirienne.
La banque a réaffirmé cette ambition lors de la rencontre organisée à Abidjan, qui a réuni différents acteurs de la chaîne de valeur, de la production jusqu’à l’exportation.
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Une campagne 2026-2027 qui démarre plus tôt
L’annonce de la BNI intervient à quelques jours d’une réforme importante du calendrier de commercialisation.
Pour la première fois, la campagne principale 2026-2027 débutera le 1er septembre 2026, contre le 1er octobre auparavant.
Le nouveau calendrier prévoit une campagne principale allant du 1er septembre au 28 février, suivie d’une campagne intermédiaire du 1er mars au 31 août.
Cette modification vise notamment à accélérer l’écoulement des fèves, à améliorer la régulation du marché et à sécuriser les opérations des différents acteurs de la filière.
Le prix bord champ très attendu
L’ouverture anticipée de la campagne intervient alors que les producteurs restent particulièrement attentifs à la fixation du nouveau prix bord champ.
Lors de la campagne 2025-2026, le prix garanti avait atteint un niveau historique de 2 800 FCFA le kilogramme au début de la campagne principale. Mais la forte baisse des cours internationaux avait ensuite entraîné une réduction importante du prix applicable à la campagne intermédiaire, fixé à 1 200 FCFA/kg.
Le niveau qui sera retenu pour la campagne 2026-2027 constituera donc un indicateur majeur pour les producteurs et l’ensemble de la chaîne de valeur.
Des perspectives de production plus prudentes
Après une campagne 2025-2026 exceptionnelle, avec une production estimée à plus de 2 millions de tonnes, les perspectives apparaissent moins favorables pour la nouvelle saison.
Les prévisions tablent sur une récolte comprise entre 1,7 et 1,8 million de tonnes. Cette baisse attendue s’explique notamment par des conditions climatiques moins favorables et la progression du swollen shoot, une maladie virale qui affecte les cacaoyers.
Dans ce contexte, l’accès au financement devient particulièrement important pour permettre aux producteurs et aux entreprises de maintenir leurs capacités opérationnelles.
La traçabilité au cœur de la nouvelle campagne
La Côte d’Ivoire poursuit également la modernisation de son système de commercialisation à travers le renforcement de la traçabilité du cacao.
Des expérimentations sont déjà menées dans certaines zones de production afin de permettre un meilleur suivi des fèves, depuis la parcelle jusqu’à leur première commercialisation.
Autre changement majeur : la carte du producteur devient obligatoire à partir du 1er septembre 2026 pour vendre le cacao.
Cette mesure doit contribuer à mieux identifier les producteurs et à renforcer la transparence de la chaîne d’approvisionnement.
La BNI renforce son rôle dans une filière stratégique
Avec cette enveloppe de 300 milliards de FCFA, la BNI intervient donc à un moment charnière pour la filière ivoirienne.
Entre réforme du calendrier, incertitudes sur les prix internationaux, baisse attendue de la production et renforcement de la traçabilité, la campagne 2026-2027 s’annonce particulièrement stratégique.
Pour la banque, le défi sera désormais de transformer cette capacité de financement en soutien concret à l’ensemble de la chaîne de valeur, alors que la Côte d’Ivoire cherche à préserver la compétitivité d’une filière dont dépendent directement ou indirectement plus d’un million de familles.







